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Un Français dresse des bisons d’Europe sous le chapiteau de Moscou

Ivan Deforge, 56 ans, s’attaque à un animal réputé difficile dans l’arène du Grand cirque de Moscou. Ses deux protégés de 300 kilos s’apprêtent à faire…

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Un Français dresse des bisons d'Europe sous le chapiteau de Moscou

Ivan Deforge, 56 ans, s’attaque à un animal réputé difficile dans l’arène du Grand cirque de Moscou. Ses deux protégés de 300 kilos s’apprêtent à faire leurs débuts sous la grande coupole en décembre.

Allez, Karym. Allez, Oural. Les deux colosses de 300 kilos s’engouffrent sans hésiter dans un cercle de feu. À 56 ans, le dresseur français installé en Russie depuis 2018 s’est offert un défi que plus personne ne semble vouloir relever. Il travaille avec des bisons d’Europe, une espèce au tempérament bien plus coriace que ses cousins d’Amérique que l’on croise habituellement dans les pistes. « En ce moment, je suis le seul ici et je peux même dire qu’en Europe, il n’y a plus personne qui travaille avec les bisons européens », résume-t-il.

Derrière cette performance se cache une longue habitude des bêtes imposantes. Trente ans de métier, girafes, hippopotames, rhinocéros, chameaux, zèbres, et aujourd’hui des éléphants au sein du même cirque moscovite, hérité de l’époque soviétique. Sa méthode tient en peu de mots, au sens propre. Ivan Deforge privilégie les ordres courts, plus faciles à assimiler pour ses animaux. Une phrase comme « venez ici, s’il vous plaît » serait trop longue à décrypter. Alors il mise sur le russe et ses commandes brèves, du genre « stoïat » pour debout ou « idi » pour vas-y, ponctuées d’un « molodets » de félicitations quand l’exercice est réussi. Trois à quatre séances hebdomadaires, une heure à chaque fois, avec une priorité affichée. Que les bêtes se sentent bien, et qu’elles mangent à leur faim, à coups de pommes et de carottes.

Karym et Oural, deux ans, pelage brun et roux, sont arrivés au cirque en août 2025. Une première présentation devant le public a eu lieu quatre mois plus tard, lors d’une répétition ouverte. Depuis, les deux jeunes bisons se sont produits dans un petit chapiteau d’été, installé dans un parc de la capitale. Leur entrée dans la grande arène, prévue pour décembre, se prépare avec minutie. Le contexte local leur facilite la tâche. En Russie, plus d’un millier d’animaux participent à des spectacles de cirque, presque tous gérés par l’État. Un projet de loi visant à interdire cette pratique a été écarté en 2026 par la chambre basse du Parlement, les députés jugeant que la protection des animaux était déjà suffisamment encadrée et que leur présence restait un puissant argument d’attraction.

Le contraste est net avec une bonne partie de l’Europe, où les spectacles avec des animaux sauvages passent de plus en plus mal. En France, leur usage dans les établissements itinérants sera interdit à partir du 1er décembre 2028, au nom de la lutte contre la maltraitance. Ivan Deforge, lui, regarde ailleurs. Arrivé pour une tournée avec une compagnie italienne, il a ensuite accepté la proposition d’Edgard Zapachny, patron du Grand cirque de Moscou et figure mondiale du dressage de grands félins, pour l’aider avec ses éléphants. Les deux hommes préparent un spectacle inédit avec sept pachydermes, dont six offerts au cirque en 2025 par un pays allié de la Russie, à l’occasion des 75 ans de leurs relations diplomatiques.

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