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Nord Stream, le premier procès d’un officier ukrainien quatre ans après le sabotage

Quatre ans après les explosions en mer Baltique, le premier procès lié au sabotage des gazoducs germano-russes s’ouvre à Hambourg. Sur le banc des…

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Nord Stream, le premier procès d'un officier ukrainien quatre ans après le sabotage

Quatre ans après les explosions en mer Baltique, le premier procès lié au sabotage des gazoducs germano-russes s’ouvre à Hambourg. Sur le banc des accusés, un ancien commandant ukrainien dont le cas met Berlin dans une position difficile.

Le tribunal de Hambourg donne mercredi le coup d’envoi du premier procès consacré au sabotage des gazoducs Nord Stream. Les audiences sont d’ores et déjà programmées jusqu’en février. Face aux juges, Serguiï Kuznietsov, ancien commandant de l’armée ukrainienne et père de quatre enfants.

Les faits remontent au 26 septembre 2022, sept mois après le début de l’invasion russe en Ukraine. Ce jour-là, des charges posées au fond de la Baltique, au large de l’île danoise de Bornholm, ont éventré les deux conduites. Celles-ci étaient alors à l’arrêt. Moscou avait déjà interrompu les livraisons passant par Nord Stream 1, sans doute pour répondre aux sanctions occidentales. Quant à Nord Stream 2, tout juste achevé, il n’avait jamais été mis en service. L’opération n’a jamais été revendiquée, et son mystère a longtemps nourri les suppositions.

Très vite, les enquêteurs ont exploré la piste d’un État commanditaire. La Russie. Les États-Unis, hostiles à des gazoducs qui renforçaient la dépendance allemande au gaz russe. Et l’Ukraine, que la justice allemande a fini par suivre. Le dossier place Berlin dans une situation inconfortable. L’Allemagne est le premier soutien militaire de Kiev, et elle se dit régulièrement la cible de sabotages et d’espionnage russes sur son propre sol. Le gouvernement invoque la séparation des pouvoirs et refuse de commenter. Kiev a toujours démenti avoir orchestré l’attaque, sans jamais cacher sa satisfaction devant une opération capable d’affaiblir les moyens du Kremlin pour financer sa guerre. Un haut responsable ukrainien a assuré n’avoir aucune attente particulière.

Selon les enquêteurs allemands, Serguiï Kuznietsov aurait pris la tête d’un commando formé de plongeurs professionnels, d’un artificier et d’un skipper. Entré en Allemagne début septembre 2022 muni d’un faux passeport ukrainien, il aurait rejoint ses complices à Rostock, port de la Baltique, à bord d’un voilier loué. Le groupe aurait ensuite acheminé un puissant explosif militaire jusqu’aux abords de Bornholm, avant de fixer des charges à retardement sur les conduites. Inculpé de crime de guerre, il encourt plusieurs années de prison s’il est reconnu coupable.

Arrêté en Italie le 21 août 2025 alors qu’il passait des vacances en famille, il a été extradé le mois suivant. Pour certains observateurs, ce procès a de quoi surprendre. La première procédure engagée en Occident contre un soldat accusé de crimes de guerre vise en effet un militaire ukrainien qui a défendu son pays, et non un officier russe.

Un second suspect présumé, un plongeur ukrainien désigné sous le nom de Vladimir Z., est détenu depuis fin août. Il a été interpellé dans un hôtel de Pula, sur la côte croate, sur la base d’un mandat d’arrêt européen, et une décision d’extradition vers l’Allemagne a été prise en septembre. Son avocat a prévenu qu’il ferait appel. L’homme avait déjà échappé à la justice allemande, un juge polonais ayant refusé de l’extrader au motif qu’il avait accompli un acte juste. Détail piquant, son arrestation en Croatie est survenue alors qu’il conseillait l’équipe d’un film hollywoodien inspiré du sabotage. Adrien Brody, oscarisé pour The Brutalist en 2025, y incarne le chef du commando.

Côté russe, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dit espérer une procédure objective et un verdict.

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