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Un sentier de randonnée devient un piège dans le nord d’Israël

Un adolescent de 15 ans a été tué et vingt-quatre personnes blessées par l’explosion d’une munition restée sur un parcours de sortie scolaire, près de la…

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Un sentier de randonnée devient un piège dans le nord d'Israël

Un adolescent de 15 ans a été tué et vingt-quatre personnes blessées par l’explosion d’une munition restée sur un parcours de sortie scolaire, près de la frontière libanaise. Les enquêteurs penchent vers une bombe à sous-munitions datant de la guerre avec le Hezbollah.

La randonnée devait être un moment ordinaire. Elle a viré au drame dans le nord d’Israël, non loin de Néot-Mordechaï, à quelques encablures de la frontière avec le Liban. Un groupe d’élèves et d’enseignants d’un lycée religieux marchait sur un sentier lorsqu’une munition non explosée a détoné sur leur passage. Un adolescent de 15 ans n’a pas survécu. Selon un commandant de police du district Nord, l’engin se trouvait entre les mains du jeune garçon au moment de l’explosion.

Le bilan humain est lourd. Vingt-quatre personnes ont été blessées, parmi lesquelles deux adolescents de 14 ans, touchés grièvement par des éclats d’obus sur tout le corps, et deux adultes d’une cinquantaine d’années. Sur place, les secours ont fait ce qu’ils pouvaient, souvent dans l’urgence la plus totale. « Tout le monde a essayé d’aider ses amis autant que possible. Certains sont même allés jusqu’à leur poser des garrots pour arrêter l’hémorragie », raconte l’ambulancier David Radko. Des hélicoptères ont évacué des victimes vers l’hôpital Rambam de Haïfa, sur la côte méditerranéenne, tandis que des ambulances, gyrophares allumés, déposaient d’autres blessés à l’hôpital Ziv de Safed, un peu plus au sud.

L’onde de choc a dépassé les collines du nord. Le ministère de l’Education a qualifié l’épisode d’« incident extrêmement grave ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en pleine campagne pour les législatives du 27 octobre, a interrompu une apparition médiatique pour suivre l’évolution de la situation. « Je partage la profonde douleur de la famille du garçon qui a perdu la vie dans l’explosion survenue lors de cette sortie », a écrit le ministre de la Défense Israël Katz, qui a aussi souhaité un rétablissement rapide aux blessés. Son collègue des Affaires étrangères, Gideon Saar, a confirmé l’âge de la victime et parlé d’une « terrible tragédie ». Le chef du parti d’opposition de gauche Les Démocrates, Yaïr Golan, réclame de son côté une « inspection minutieuse » des sentiers de randonnée de la région, pour repérer puis neutraliser les munitions dormantes. Pour lui, « tous les citoyens israéliens » doivent pouvoir « se déplacer librement et mener une vie normale ».

Reste à comprendre comment un engin de guerre a pu se retrouver sur le chemin d’écoliers. Le commandant en chef de la police, Danny Levy, assure que l’explosion a été provoquée par « un engin non explosé du Hezbollah datant d’il y a trois ans », avec « 90% de chances qu’il provienne d’une bombe à sous-munitions ». Ces armes sont pensées pour disperser des dizaines de petites charges sur une vaste zone. Leur danger ne s’arrête pas au moment de l’impact. Beaucoup de ces charges n’explosent pas tout de suite et peuvent tuer ou mutiler des années plus tard, bien après que les combats ont cessé. La sortie scolaire avait pourtant reçu le feu vert des autorités et de la police.

Le contexte régional explique la présence de ces débris meurtriers. Au lendemain de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a ouvert un front contre Israël en affirmant soutenir les Palestiniens. Un cessez-le-feu a été conclu en 2024, mais les affrontements ont repris après l’offensive israélo-américaine lancée contre l’Iran le 28 février, qui a embrasé tout le Moyen-Orient. Les violences ont baissé depuis l’annonce d’un cessez-le-feu en juin. Il n’empêche. Les innombrables roquettes, missiles et drones tirés depuis le Liban durant ces mois ont laissé derrière eux des munitions encore capables de tuer. Et Israël maintient des troupes dans une bande d’une dizaine de kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, le long de la frontière, qu’il présente comme une « zone de sécurité ».

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