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Les ménages de la zone euro redoutent une inflation plus tenace

Leurs attentes de prix à court terme grimpent, alors que l’horizon plus lointain reste accroché à la cible de 2%. Un décalage que pointe un responsable de…

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Les ménages de la zone euro redoutent une inflation plus tenace

Leurs attentes de prix à court terme grimpent, alors que l’horizon plus lointain reste accroché à la cible de 2%. Un décalage que pointe un responsable de la Banque centrale européenne, à quelques jours d’une décision monétaire très attendue.

Les ménages de la zone euro se montrent de plus en plus méfiants sur l’évolution des prix. À court terme, ils anticipent une inflation plus forte qu’auparavant, rapporte Olaf Sleijpen, membre de la Banque centrale européenne et gouverneur de la banque centrale néerlandaise. Sur un horizon plus lointain, en revanche, leurs prévisions bougent peu et demeurent solidement arrimées à l’objectif de 2% que s’est fixé l’institution de Francfort. Cette séparation entre le très proche et le très long n’a rien d’anecdotique.

Ce qui saute aux yeux, c’est le fossé entre les différents acteurs. Les marchés financiers et les prévisionnistes professionnels affichent une relative tranquillité, tandis que les ménages, eux, se montrent nettement plus nerveux. Les entreprises, elles, se situent quelque part entre les deux camps. C’est le constat qu’a livré le responsable lors d’une conférence à Istanbul. À ses yeux, les anticipations des foyers sont bel et bien moins bien ancrées que celles des autres.

Le climat général ne pousse pas à l’optimisme. En septembre, l’inflation dans la zone euro a atteint 3,8% sur un an, un niveau qui a surpris à la hausse. Un chiffre qui flirte avec le double de l’objectif visé. Dans ce décor, la confiance des ménages devient un indicateur scruté de près, car elle conditionne la façon dont les salaires et les comportements de consommation évoluent.

La réaction des marchés s’annonce mesurée. Une enquête menée auprès d’économistes indique que la BCE maintiendrait son taux de dépôt à 2,50% ce mois-ci, avant de le relever de 25 points de base en décembre. Une trajectoire prudente, qui résume bien la difficulté de l’exercice. Serrer la vis trop vite risquerait d’étouffer l’activité, la desserrer trop mollement laisserait filer les anticipations de prix.

C’est tout l’enjeu des prochaines semaines. Quand les ménages cessent de croire au retour à une inflation basse, ils intègrent cette hausse dans leurs décisions, et ce réflexe peut entretenir la hausse des prix. Un mécanisme que la BCE surveille comme le lait sur le feu. Les chiffres bruts comptent, mais ce que les gens ont en tête compte tout autant.

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