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Un ex-patron de l’espionnage allemand arrêté pour trahison

August Hanning, qui a dirigé le renseignement extérieur allemand de 1998 à 2005, a été interpellé mardi avec son ancien chef de cabinet. Le parquet…

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Un ex-patron de l'espionnage allemand arrêté pour trahison

August Hanning, qui a dirigé le renseignement extérieur allemand de 1998 à 2005, a été interpellé mardi avec son ancien chef de cabinet. Le parquet fédéral leur reproche d’avoir monnayé pendant des années des documents classés secrets.

Une affaire de trahison vient rattraper August Hanning, 80 ans. L’homme a dirigé le BND pendant sept ans, de 1998 à 2005, puis occupé un poste de secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur. Mardi, il a été interpellé aux côtés de Manfred D., son ancien directeur de cabinet. Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir mis sur pied un trafic d’informations confidentielles, échangées contre de l’argent.

Leur arrangement remonterait au printemps 2010. Manfred D., alors en poste au sein du service, devait régulièrement fournir à son ancien supérieur des renseignements de valeur, en échange d’une rémunération. Hanning, devenu consultant dans le privé, comptait exploiter ces rapports pour en tirer profit. Près de 2.000 documents auraient ainsi transité, au moins jusqu’en juin 2022.

Le parquet reste discret sur la nature exacte des informations concernées. Elles porteraient sur des dossiers hautement sensibles, notamment le programme nucléaire iranien ou encore l’armée russe. Un point paraît acquis, ce n’est pas la Russie qui aurait profité de ces fuites. Hanning aurait par ailleurs utilisé des contenus classifiés pour rédiger une analyse destinée à un officier d’un service de renseignement étranger, et entretenu des contacts étroits avec un représentant d’un autre service.

Les charges pesant sur l’octogénaire sont lourdes. Le parquet évoque un espionnage constitutif de trahison, la collecte de renseignements relevant du secret d’État, une tentative de haute trahison et des activités d’agent pour le compte d’un service étranger. Des images montrant l’homme encadré par des agents cagoulés ont été diffusées. Un magistrat doit désormais décider si les deux suspects, arrêtés en Rhénanie et en Bavière, sont placés en détention.

L’affaire remue la classe politique. Le député conservateur Marc Henrichmann salue le travail des enquêteurs et prévient que quiconque s’allie aux ennemis de la démocratie libérale sera débusqué, sans la moindre tolérance pour la trahison de secrets. Son collègue écologiste Konstantin von Notz réclame, lui, un audit complet et rapide des dégâts. Il s’indigne surtout que des personnes ayant eu accès aux secrets d’État puissent se reconvertir dans le privé et monnayer leurs accès comme leurs réseaux. À ses yeux, ces pratiques ouvrent grand la porte aux services adverses.

Le patron actuel du BND, Martin Jäger, sous les ordres duquel Manfred D. a servi jusqu’en mars 2026, assure ne faire aucun compromis en matière de sécurité interne, sans en dire davantage en raison de l’enquête. Pour un pays qui cherche justement à muscler son renseignement face aux menaces russes, le coup est rude. L’enquête visant Hanning a d’ailleurs démarré de façon inattendue, à la faveur de perquisitions menées dans un tout autre dossier. Il y est soupçonné d’avoir aidé Christina Block, héritière d’une célèbre chaîne de restaurants, jugée pour avoir organisé l’enlèvement de ses propres enfants afin de les soustraire à leur ex-mari.

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