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Marine Le Pen promet 140 milliards d’économies et jure que la France n’aura pas mal

La candidate à l’Elysée a déroulé son programme budgétaire pendant deux heures, chiffres à l’appui, en promettant de remettre les comptes dans le vert…

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Marine Le Pen promet 140 milliards d'économies et jure que la France n'aura pas mal

La candidate à l’Elysée a déroulé son programme budgétaire pendant deux heures, chiffres à l’appui, en promettant de remettre les comptes dans le vert sans faire souffrir personne. À ses côtés, un Jordan Bardella promis à Matignon, bien décidé à ne pas baisser la tête.

Deux heures de présentation, une cascade de chiffres et un décor tout neuf. C’est depuis le nouveau siège de son parti, entourée de Jordan Bardella, que Marine Le Pen a posé ses ambitions budgétaires devant une petite centaine de journalistes. Le budget n’a jamais été son terrain de prédilection, elle le sait, et cette fois elle a mis les grands moyens. Pas de cure d’austérité, assure-t-elle, mais un effort radical, seul moyen selon elle de rendre à la France sa crédibilité au sein de la zone euro et d’envoyer aux marchés le signal limpide que la dérive des comptes est terminée.

Le chiffre phare tient en une promesse. 140 milliards d’euros d’économies nettes d’ici 2032. Soit 15 de plus qu’annoncé à la fin de l’été devant les patrons, un écart qu’elle attribue à la flambée des taux d’intérêt et au budget qu’elle juge indigent d’Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu. Elle l’assure sans détour, elle veut s’attaquer à tous les tabous, toutes les lâchetés, tous les lobbies.

Le menu reste fidèle aux priorités habituelles de l’extrême droite. La reprise en main de l’immigration et la priorité nationale rapporteraient à elles seules 15 milliards la première année, puis 29 milliards en année pleine, autrement dit près d’un cinquième du plan. Dans le viseur également, la contribution au budget européen, la politique de la ville, les associations, l’aide au développement, sans oublier le millefeuille administratif des collectivités, agences et autres organismes jugés parasites. Jean-Philippe Tanguy évoque au moins 200 000 postes supprimés en cinq ans. Côté social, le parti promet 15 à 20 milliards d’euros sur les retraites, par des corrections de mesures jugées injustes, pour financer un retour à l’âge légal de 62, voire 60 ans.

Le tout coiffé d’un véritable pilier de capitalisation, de quoi ravir l’allié libéral Eric Ciotti, installé au premier rang. La promesse reste pourtant délicate à tenir. En face des 140 milliards d’économies, il y a aussi 30 milliards de baisses d’impôts et 15 milliards de dépenses provisionnées pour de nouveaux droits, sans compter des rallonges pour l’outre-mer, la recherche et l’éducation. Marine Le Pen s’engage malgré tout à ramener les comptes publics à l’équilibre primaire en 18 mois et à un déficit sous les 3% en 2030, contre 5,4% prévus en 2026, en concentrant l’essentiel de l’effort sur les trois premières années de son hypothétique mandat. Sans douleur, promet-elle, puisque les gains de croissance dépasseraient largement l’effet récessif. Des prévisions présentées comme extrêmement raisonnables. Le référendum sur la règle d’or n’a d’ailleurs plus rien d’une urgence absolue et pourrait n’être convoqué que dans la première année du mandat.

Les adversaires n’ont pas traîné à réagir. Edouard Philippe dénonce un plan d’une désinvolture spectaculaire, qui ne tient pas la route. Paul Midy, codirecteur du programme de Gabriel Attal, fustige une incompétence crasse et un projet d’aggravation extrêmement grave des finances publiques. Jean-Luc Mélenchon, lui, accuse la cheffe du Rassemblement national de vouloir condamner la France à des coupes budgétaires et à la récession pendant 120 ans, histoire de gagner les faveurs des spéculateurs.

Pour étayer sa démonstration, le parti a souligné que le taux de la dette française à dix ans avait reculé d’un dixième de point pendant la prise de parole de sa candidate, sans qu’aucun lien de cause à effet ne soit établi. La question de la crédibilité, elle, a fini par ressurgir, portée par une semaine agitée d’écrits de jeunesse antisémites que Jordan Bardella continue de nier avoir rédigés. Sa réponse a claqué, lancée à un journaliste sous le regard approbateur de Marine Le Pen. Vous auriez adoré me voir poser le genou à terre, mais vous me connaissez mal. De quoi valider, à ce stade, leur ticket commun.

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