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Glucksmann triomphe à la primaire et hérite d’un chantier immense

Raphaël Glucksmann a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate avec plus de 66% des voix, une victoire dès le premier tour qui a surpris jusqu’à…

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Glucksmann triomphe à la primaire et hérite d'un chantier immense

Raphaël Glucksmann a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate avec plus de 66% des voix, une victoire dès le premier tour qui a surpris jusqu’à ses propres soutiens. Il lui faut maintenant rassembler une famille politique fracturée et transformer cet élan en campagne durable.

Personne ne l’avait vu venir à ce point. Raphaël Glucksmann a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate avec plus de 66% des suffrages, une percée dès le premier tour qui a pris de court jusqu’à son propre camp. Boris Vallaud, à la tête des députés socialistes, parle d’une surprise autant que d’une bonne nouvelle pour la suite. L’intéressé, député européen, garde la tête froide. Il se dit investi d’une responsabilité immense et promet de rassembler.

La tâche ne sera pas de tout repos. À sa sortie du bar parisien où il fêtait son score, le candidat a été enfariné sous les objectifs. Un rappel brut que la campagne interne a charrié son lot d’échanges tendus entre les cinq prétendants. Olivier Faure, patron du PS, lourdement sanctionné dans les urnes, avait laissé entendre que sa formation pourrait s’effacer en cas de victoire de l’eurodéputé, tout en ravivant l’accusation de macronisme qui colle à la peau du nouveau venu. Il a pourtant fini par reconnaître que Glucksmann avait su convaincre une majorité de votants, l’appelant à forger ensemble un esprit de victoire.

Ségolène Royal, qui l’avait traité de stagiaire, lui a souhaité toute la force nécessaire pour réussir un rassemblement à gauche qu’elle annonce difficile. Chacun a renouvelé l’engagement de soutenir le vainqueur. Glucksmann veut y voir un signe. Selon lui, ses rivaux savent au plus profond d’eux-mêmes que le combat à mener est trop existentiel pour se perdre dans des petites phrases ou des rancœurs.

Place publique veut surfer sur l’élan sans traîner. Jérôme Auslender, l’un des responsables du mouvement, résume la méthode. Faire une place dans la campagne à toutes les sensibilités et à tous les candidats, intégrer leurs propositions au programme, constituer une équipe large autour du candidat, puis s’élargir au reste de la gauche démocratique. Pas question de répéter l’erreur de Benoît Hamon, vainqueur de la primaire citoyenne de 2017 puis laminé à la présidentielle. Anne Hidalgo avait emprunté le même chemin cinq ans plus tard, appelant à l’union avant de maintenir sa candidature.

L’enjeu, désormais, est d’enclencher une vraie dynamique de campagne en direction des Français, sur une identité clairement sociale-démocrate. Glucksmann tend la main aux citoyens écologistes, humanistes et républicains. Marine Tondelier, à la tête des Écologistes, regrette la victoire de celui qui fait le choix du repli, mais le camp du candidat refuse de s’alarmer. Le sénateur écologiste Yannick Jadot a déjà rallié le mouvement et s’apprête à dévoiler les cent jours de la révolution écologiste promise par Glucksmann. Reste la question d’une alliance avec La France insoumise aux législatives. Glucksmann martèle qu’il n’y aura pas d’accord avec ce parti. Olivier Faure a toutefois rappelé que le Parti socialiste déciderait seul, le moment venu, de ce qu’il fait, et qu’aucun point de vue extérieur ne s’impose à lui.

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