Politique
Un nouveau capitaine pour la région Paca, avec un avertissement en forme de Titanic
François de Canson prend la tête de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur après la démission de Renaud Muselier, parti au Sénat. Seul candidat face à une…


François de Canson prend la tête de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur après la démission de Renaud Muselier, parti au Sénat. Seul candidat face à une opposition réduite au Rassemblement national, il promet du mouvement tout en appelant sa majorité à rester soudée.
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur a un nouveau visage à sa tête. François de Canson, maire de La Londe-les-Maures dans le Var et figure de l’ancienne famille LR, a été élu lundi président du conseil régional. Il succède à Renaud Muselier, qui dirigeait l’institution depuis 2017 et a quitté son fauteuil après son élection au Sénat. Son ancien vice-président chargé du développement économique et du tourisme était le favori annoncé de cette succession, et il n’a pas eu à forcer le destin pour s’installer dans le siège.
Les chiffres racontent la configuration politique de l’assemblée. Sur 122 votants, François de Canson a récolté 83 voix, soit l’ensemble du camp de la majorité de droite et du centre. Les 39 conseillers régionaux du Rassemblement national ont, eux, choisi de voter blanc plutôt que de soutenir un candidat. Cette situation découle directement des élections régionales de 2021, où la gauche s’était retirée entre les deux tours pour faire barrage au RN. Résultat, le parti d’extrême droite occupe seul le rôle d’opposition, et personne d’autre ne s’est présenté face au nouveau président.
Ce dernier assure vouloir avancer sans se figer. Il évoque « la chance de disposer d’une majorité solide » et prévient qu’il ne faut pas « confondre continuité et immobilité ». Trois dossiers arrivent en tête de ses priorités, la situation économique du territoire, l’adaptation au changement climatique et la promotion de la subsidiarité, autrement dit des relations plus simples entre la région et les communes, avec « moins de complexité » à la clé. Une manière de dire que l’institution veut se rendre utile au quotidien, sans empiler les couches.
Les lycées s’invitent aussi dans son agenda. Alors qu’un mouvement de contestation agite les établissements, notamment autour de leur état, et que ces bâtiments relèvent de la compétence régionale, François de Canson annonce avoir « commandé un état des lieux complet des lycées ». Il promet que « rapidement, tout sera remis en ordre ». Un chantier sensible, tant il touche directement des milliers de familles.
En face, le patron du groupe d’extrême droite à la région, le député Franck Allisio, estime que le « plafond de verre » du RN est en train de céder, après des succès aux municipales et aux législatives dans la région, avec les régionales de 2028 en ligne de mire. Son message au nouveau président a de quoi faire sourire ou grincer des dents. « Monsieur le président vous êtes désormais à la barre du Titanic », a-t-il lancé. François de Canson n’a pas esquivé. Il reconnaît des déconvenues pour la droite et le centre lors des récents scrutins dans le Sud-Est, mais souligne qu’aucune voix ne lui a manqué parmi les différentes composantes de sa majorité. Avant de lancer un appel à ses troupes. « Soyons unis et prouvons qu’on peut encore gagner cette région ».
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