Économie
Paris perd des boutiques mais voit fleurir les salles de sport
La capitale compte 510 commerces de moins qu’en 2023 et 2.906 de moins depuis 2000. Pourtant, certains secteurs débordent de vitalité, des pâtisseries aux…


La capitale compte 510 commerces de moins qu’en 2023 et 2.906 de moins depuis 2000. Pourtant, certains secteurs débordent de vitalité, des pâtisseries aux salles de sport, tandis que d’autres encaissent de plein fouet la concurrence du web et la baisse du pouvoir d’achat.
Paris change de visage. La ville compte aujourd’hui 60.517 commerces et services commerciaux, soit 510 de moins qu’en 2023, année de la précédente enquête. Si l’on remonte à 2000, la saignée atteint 2.906 établissements. Le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, résume la situation en parlant d’un commerce qui « résiste fortement aux effets de crises exogènes et structurelles », même s’il subit de plein fouet la montée des achats en ligne et l’érosion du pouvoir d’achat des ménages.
Tous les secteurs ne vivent pas la même réalité. Les torréfacteurs, les pâtisseries et les glaciers séduisent, et la catégorie cafés et restaurants progresse de 3,6 % en trois ans. Mais derrière ce chiffre se cache un fossé. La restauration rapide et la vente à emporter tirent leur épingle du jeu, quand les tables plus traditionnelles souffrent, étranglées par des clients aux budgets serrés. Du côté de l’alimentation, Paris recense environ 8.000 commerces, en légère hausse de 0,8 %, mais les boucheries et les poissonneries, elles, reculent. La densité reste élevée, avec 3,2 commerces alimentaires pour 1.000 habitants, un tiers de plus que dans des villes comme Lyon ou Marseille.
Le sport s’impose comme l’autre grand gagnant. En trois ans, 70 nouvelles salles de sport ont ouvert, portées par ce que le directeur général de l’Apur, Alexandre Labasse, décrit comme une « stratégie agressive des grands groupes fitness ». Les cabinets médicaux regroupés progressent aussi, une dynamique engagée depuis une quinzaine d’années. À l’inverse, les agences immobilières, de voyages et bancaires battent en retraite. Le prêt-à-porter et la chaussure paient la faillite de nombreuses chaînes, et seules les friperies résistent, avec 83 boutiques de plus qu’en 2023.
Le taux de vacance des locaux reste contenu, à 11,7 %, en hausse de 0,8 point. La mairie possède 13 % des surfaces commerciales de la ville, et elle héberge une librairie sur cinq. Un secteur qui inquiète, car Emmanuel Grégoire observe « un net fléchissement » depuis 2025, avec 38 établissements disparus. Interrogé sur des rachats de commerces en liquide liés au trafic de drogue, l’élu a reconnu des « distorsions concurrentielles », certains établissements bénéficiant d’apports en cash pour faciliter leur implantation.
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