Société
Huit blessés, un principal touché par balles et des lycées toujours bloqués
Huit membres du personnel de l’Education nationale ont été blessés dans la matinée, alors que des blocages persistent dans plusieurs établissements à la…


Huit membres du personnel de l’Education nationale ont été blessés dans la matinée, alors que des blocages persistent dans plusieurs établissements à la veille d’une nouvelle mobilisation nationale. À Aubagne, un principal de collège et une professeure ont été blessés par balles, sans lien établi pour l’heure avec le mouvement lycéen.
La contestation lycéenne n’a pas dit son dernier mot. À la veille d’un nouveau rendez-vous national fixé à mardi, plusieurs établissements restaient bloqués ou perturbés, et les chiffres officiels dessinent un mouvement qui perd du terrain sans s’éteindre pour autant. Dans la matinée, 96,5 % des établissements étaient ouverts, soit 130 lycées fermés, contre 172 quelques jours plus tôt. Le ministère y voit un recul net, avec des foyers de perturbation désormais plus circonscrits, mais reste silencieux sur le nombre d’établissements dont le fonctionnement est simplement chamboulé.
Le calme, lui, n’est pas revenu. Au moins huit personnels de l’Education nationale ont été blessés dans la matinée, notamment dans les académies de Créteil, de Bordeaux et de Lyon. À Reims, deux agents d’accueil d’un lycée ont été touchés par des tirs de mortier d’artifice. Un agent de la Région a également été blessé en banlieue parisienne, tout comme un policier posté devant un lycée marseillais, victime du même type de projectile. Le ministère parle ouvertement d’une intensification des violences.
Le fait le plus grave s’est produit à Aubagne, près de Marseille, où le principal d’un collège et une professeure ont été blessés par balles. Aucun lien n’a pour l’instant été établi avec la mobilisation lycéenne. Les ministres de l’Education nationale et de l’Intérieur sont attendus sur place. Le premier a dénoncé un acte inadmissible, y voyant la trace d’une violence débridée qui gagne la société tout entière.
Emmanuel Macron, dont la prise de parole reste rare depuis le début de la contestation partie mi-septembre avant de s’étendre à tout le pays, a demandé que la mobilisation se déroule dans le calme, dans l’ordre et dans le respect des personnes comme des biens. Sur le terrain, les situations varient fortement d’une ville à l’autre. L’Île-de-France recense près de 80 lycées perturbés, avec un proviseur, un parent d’élève et un agent blessés. Dans le Rhône, 27 établissements sont impactés, dont 19 lycées, six universités et deux collèges, pour 13 interpellations. À Marseille, la plupart des blocages se déroulent sans heurt, et devant les grilles fermées d’un lycée du centre-ville, une poignée d’élèves revendiquent leur solidarité avec les établissements moins favorisés. À Rennes, une dizaine d’établissements sont touchés, et une lycéenne de 17 ans dit espérer une convergence avec les gilets jaunes, qui appellent à manifester samedi.
Face à la crise, l’exécutif tente de glisser d’une réponse purement sécuritaire vers des annonces plus politiques. Quelque 3 000 professeurs remplaçants doivent être déployés en urgence là où la situation est la plus critique, et le gouvernement assure que ce déploiement a commencé, avec pour objectif d’en optimiser l’organisation. La promesse passe mal sur le terrain. Le premier syndicat des collèges et des lycées la juge assez déconnectée des réalités, pointant des enseignants appelés à remplacer dans une discipline qui n’est pas la leur. En parallèle, la concertation lancée auprès des lycéens a récolté des contributions dont près des trois quarts évoquent des emplois du temps surchargés, la moitié citant des problèmes de bâtiments. Le Premier ministre a promis des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant certaines de ces propositions.
Les organisations lycéennes, elles, ne s’en satisfont pas. L’Union syndicale des lycéens maintient son appel à une mobilisation nationale mardi et réclame toujours la suppression de Parcoursup ainsi qu’un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées, résumant les annonces récentes à des « miettes ». Du côté des syndicats de salariés, la CGT prévient que des mesures cosmétiques ne suffiront pas à répondre à une colère d’une telle profondeur. Signe de la fébrilité ambiante, la rencontre prévue entre le ministre de l’Education nationale et les lycéens a été reportée après les événements d’Aubagne.
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