Société
L’A69 doit ouvrir début novembre, les opposants campent une dernière fois
Le concessionnaire Atosca annonce une mise en service pour la première semaine de novembre, une fois les travaux terminés et les contrôles de sécurité…


Le concessionnaire Atosca annonce une mise en service pour la première semaine de novembre, une fois les travaux terminés et les contrôles de sécurité passés. Au même moment, les adversaires du projet se rassemblent dans le Tarn pour trois jours de mobilisation.
Vendredi soir, Atosca a levé le doute sur le calendrier. Les travaux de l’A69 s’achèveront la semaine prochaine, conformément au planning prévu, explique l’entreprise dans un communiqué. Des contrôles de sécurité sont en cours et vont se poursuivre pendant les quinze jours suivants. La mise en service pourra donc intervenir la première semaine de novembre. La veille encore, le concessionnaire affirmait ne pas pouvoir annoncer de date précise. Cette artère de 53 kilomètres, qui doit relier Castres à Toulouse, est contestée depuis le premier coup de pelle. Il y a un an, le ministre des Transports Philippe Tabarot avait avancé la mi-octobre comme échéance pour l’inauguration. Interrogé sur la nouvelle date annoncée par Atosca, le préfet du Tarn Simon Bertoux a répondu que si l’entreprise fait cette annonce, c’est qu’elle sera prête, et qu’il s’en réjouit.
Sur le terrain, la bataille n’est pas terminée. Un groupe d’opposants s’est installé dès jeudi dans une zone agricole privée de Cambounet-sur-le-Sor, à un peu plus d’un kilomètre du futur tracé. La préfecture les avait menacés d’évacuer un premier campement monté le long de l’autoroute, une installation jugée provocatrice par les autorités. Le rendez-vous, baptisé « la Dé-fête », s’étale sur trois jours. Pour ceux qui l’organisent, il s’agit de célébrer ce qui a pu naître pendant des mois de contestation contre une infrastructure qu’ils qualifient d’écocide et d’un autre temps. « Dans ce mouvement, toutes les occasions ont été belles pour lutter et cela a résonné un peu partout, donc ce weekend c’est pour commémorer tout ça, promouvoir les belles choses qui ont émergé de ce combat », résume l’un des organisateurs, qui constate que localement, la nature a laissé place au bitume.
Vendredi soir, le préfet du Tarn a compté environ une centaine de personnes sur place, une cinquantaine de véhicules et une trentaine de cyclistes venus de Toulouse pour rejoindre le campement. Les manifestants, eux, espèrent accueillir entre 1 000 et 1 500 participants, un ordre de grandeur que le représentant de l’État juge plausible.
La sécurité s’annonce lourde. Plus de 800 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi, un dispositif qualifié de « robuste » par le préfet. Samedi dernier, il a pris un arrêté interdisant les rassemblements sur les zones les plus proches de l’autoroute, dans les 17 communes traversées. Motif invoqué, des troubles à l’ordre public répétés et de gravité croissante entre 2022 et 2025. Simon Bertoux évoque des manifestants pacifiques, mais aussi la présence possible de personnes du milieu radical déjà croisées lors de précédents rassemblements, ce qui impose selon lui une vigilance extrême.
Reste la question du parcours. Les opposants souhaitent défiler samedi après-midi sur la voie publique depuis leur campement et en discutent avec la préfecture. « Nous sommes tout à fait ouverts à achever les discussions pour trouver un parcours pour que les manifestants puissent exprimer sur la voie publique leurs revendications, mais le tout dans des conditions strictement pacifiques », a assuré le préfet du Tarn.
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