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Les Houthis promettent à Washington une riposte rapide et douloureuse

Le mouvement yéménite pro-iranien menace directement les États-Unis si ces derniers s’engagent dans le conflit. L’Arabie saoudite, frappée comme rarement…

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Les Houthis promettent à Washington une riposte rapide et douloureuse

Le mouvement yéménite pro-iranien menace directement les États-Unis si ces derniers s’engagent dans le conflit. L’Arabie saoudite, frappée comme rarement, reconnaît que ses infrastructures sont mises à l’épreuve.

Les avertissements sont clairs. Un responsable houthi, Mohammed Al Bukhaiti, a mis en garde les États-Unis depuis Sanaa. Si Washington s’implique dans l’agression contre le Yémen, la réponse ne se fera pas attendre et frappera rapidement et douloureusement les intérêts américains dans la région. Il a également menacé de détruire l’ensemble des infrastructures saoudiennes et invité les salariés des sites pétroliers et des aéroports du royaume à ne pas s’en approcher. Ryad avait sollicité le soutien américain face aux combattants pro-iraniens, sans l’obtenir jusqu’ici.

Le royaume encaisse de plein fouet. Lundi soir, de nouvelles explosions ont secoué la capitale, et les habitants ont reçu sur leur téléphone un message les enjoignant à se réfugier dans un endroit sûr, à l’écart des fenêtres et des portes. Une consigne qui n’était pas tombée depuis des semaines. Ryad a affirmé avoir intercepté un missile balistique. Le ministère de l’Énergie a reconnu que le pays traversait une période de mise à l’épreuve, son titulaire évoquant des circonstances qui ont testé les infrastructures, les institutions, les équipes et la résilience du premier exportateur mondial de pétrole. Une réponse ferme a été promise.

Longtemps discrètes sur l’étendue des dégâts, les autorités ont diffusé des images de vidéosurveillance de l’attaque qui a tué treize personnes samedi à l’aéroport de Ryad, désormais fermé. On y voit des passagers vêtus de la tenue blanche du pèlerinage franchir un contrôle avant qu’une boule de feu ne fasse voler le toit en éclats, les plongeant dans un nuage de fumée et de débris. La compagnie Etihad a annulé ses vols jusqu’au 19 octobre. Dimanche, les Houthis ont revendiqué une nouvelle frappe contre l’aéroport, tuant au moins une personne et en blessant onze autres. L’aéroport de Dammam et deux sites énergétiques d’Aramco, dans l’est du pays, ont aussi été visés, et l’espace aérien saoudien reste perturbé.

Les retombées se font sentir bien au-delà des infrastructures. La fermeture de l’aéroport de Ryad a bloqué la ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, finalement repartie vers Berlin. Octobre marque d’ordinaire le début de la haute saison des pèlerinages vers la Mecque et parfois Médine, mais aussi celui des grands rendez-vous économiques. Pour certains observateurs, ces frappes cherchent aussi à délégitimer les Houthis, qui ont gagné un large soutien dans les populations arabes et musulmanes à cause de leurs attaques contre Israël.

L’Iran, qui soutient les Houthis, s’est dit vivement préoccupé par la situation et prêt à faciliter le dialogue entre les parties. Au Yémen, les hostilités se poursuivent. Après une offensive éclair en septembre, les Houthis ont pris le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, sur la mer Rouge, provoquant une contre-offensive du gouvernement. Malgré les frappes de l’aviation saoudienne en appui des troupes gouvernementales, cent dix-neuf recensées en vingt-quatre heures, les combattants pro-iraniens resserrent leur étau sur Taëz, troisième ville du pays, où les combats ont fait plus de soixante morts en une journée selon des sources militaires des deux camps.

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