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Aide internationale, la cible facile des coupes budgétaires européennes

L’agence de l’ONU pour les réfugiés redoute que l’Europe fasse des économies sur le dos des plus vulnérables. Son représentant à Bruxelles prévient que la…

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Aide internationale, la cible facile des coupes budgétaires européennes

L’agence de l’ONU pour les réfugiés redoute que l’Europe fasse des économies sur le dos des plus vulnérables. Son représentant à Bruxelles prévient que la facture finira par être bien plus salée que les sommes grattées.

Le prochain budget de l’Union européenne se négocie à coups de serpe. Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants des Vingt-Sept doivent trancher, avec l’ambition d’un accord d’ici la fin de l’année. Sur la table, une proposition initiale d’environ 2 000 milliards d’euros. La présidence irlandaise de l’UE a suggéré d’en retirer 140 milliards, sans convaincre le groupe des pays dits frugaux, mené par l’Allemagne, qui réclame une saignée plus profonde encore. Partout, les budgets nationaux sont sous tension.

Dans ce grand marchandage, l’aide aux pays étrangers fait figure de variable d’ajustement. Dublin propose de raboter de 17 % l’enveloppe qui lui est consacrée, tout en épargnant largement les soutiens aux agriculteurs européens. L’idée de sanctuariser 25 milliards d’euros pour l’action humanitaire figure aussi parmi les pistes. Les responsables européens insistent sur un point, les montants envisagés resteraient supérieurs à ceux du budget adopté en 2020.

Un argument qui ne tient pas, pour le représentant à Bruxelles du Haut-Commissariat aux réfugiés. Cette hausse, dit-il, est absorbée par les crises qui se sont succédé depuis dix ans. Et il assume le ton grave. Tailler dans l’aide humanitaire aurait un effet immédiat et visible. Des parents privés de quoi nourrir leur famille. Des enfants qui ne remettront plus les pieds à l’école. Avec, en toile de fond, la perspective de voir grossir le nombre de réfugiés.

Il y voit surtout une vision à courte vue. Dépenser moins loin de chez soi ne rendra personne plus prospère, soutient-il, car moins d’argent à l’étranger signifie aussi moins de stabilité et moins de sécurité pour les Européens eux-mêmes. Le responsable pointe la facilité du discours. Expliquer aux contribuables qu’on va dépenser moins hors des frontières est tellement plus simple que de défendre un effort de solidarité.

Le développement compte tout autant, poursuit-il. Sans la même attention portée à ces régions, le cycle de la dépendance se referme et l’aide d’urgence devient un puits sans fond. D’autant que plusieurs États membres ont déjà revu leurs enveloppes à la baisse, emboîtant le pas à l’administration américaine.

L’Union européenne et ses 27 États membres restent pourtant les premiers bailleurs d’aide au monde. Un rang qui impose des responsabilités, mais qui offre aussi un levier d’influence considérable. Renoncer à ce rôle de premier plan, c’est laisser filer une occasion de peser sur l’avenir de la planète.

Autre nouveauté par rapport au budget précédent, une enveloppe distincte de près de 90 milliards d’euros est prévue pour soutenir l’Ukraine, un pays d’une importance cruciale. Mais d’autres foyers de crise exigent la même attention, de Gaza au Soudan en passant par l’Afghanistan et le Sahel. Mis bout à bout sur une carte, ils dessinent un arc qui enserre presque toute l’Union européenne.

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