Europe
En Espagne, la colère du logement débouche sur un appel à la grève générale
L’UGT et le CCOO appellent à une grève générale le 11 novembre pour peser sur les élections législatives anticipées. La mort de Maricarmen Abascal…

L’UGT et le CCOO appellent à une grève générale le 11 novembre pour peser sur les élections législatives anticipées. La mort de Maricarmen Abascal, retraitée expulsée de son logement, vient rappeler l’urgence de la crise qui secoue le pays.
Les deux grandes centrales syndicales espagnoles ont décidé de passer à l’offensive. L’UGT et le CCOO appellent à une grève générale le 11 novembre, un peu plus de deux semaines avant les élections législatives anticipées du 29 novembre. Le message qu’elles portent est direct. Se mobiliser pour de meilleurs salaires, pour un logement décent et pour des mesures capables d’endiguer une inflation qui ronge le pouvoir d’achat. Dans leur communiqué, elles dénoncent « l’insatiable avidité immobilière » d’un secteur qui spécule sur un droit fondamental et rend l’accès à un toit presque impossible. Elles pointent aussi une politique complaisante envers les entreprises, qui profitent de la croissance du pays pour gonfler leurs bénéfices au détriment des travailleurs.
Mercredi, une autre nouvelle est venue alourdir le climat. Maricarmen Abascal, la retraitée madrilène de 87 ans dont l’expulsion avait mis le feu aux poudres, est décédée. C’est un syndicat de locataires qui a fait savoir. Son histoire avait déclenché des manifestations monstres contre la crise du logement, et conduit, au bout du compte, à la convocation d’élections anticipées. Pour le Syndicat des locataires de Madrid, son combat a marqué un tournant dans l’histoire du pays.
Depuis des semaines, les collectifs de locataires maintiennent la pression sur la classe politique. À Madrid, des centaines de personnes ont planté leurs tentes sur la Puerta del Sol, en plein cœur de la capitale. Des campements du même genre ont fleuri dans d’autres villes. Et partout dans le pays, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour réclamer un toit abordable. Jeunes comme âgés, une part grandissante des Espagnols ne parvient plus à se loger dans un marché devenu incontrôlable.
Le Premier ministre Pedro Sanchez, distancé dans la plupart des sondages, a rendu hommage à Maricarmen Abascal sur le réseau X. Il a adressé son affection à sa famille et à tous ceux qui ressentent cette perte comme la leur. Il accuse par ailleurs le Parti populaire et l’extrême droite de Vox de se ranger du côté des spéculateurs et des grands fonds d’investissement en torpillant ses mesures sur le logement. L’opposition, de son côté, lui reproche d’avoir laissé la situation se dégrader pendant ses huit années au pouvoir.
Sur le front des prix, la tension ne retombe pas. L’inflation a atteint 4,9 % en septembre, son plus haut niveau depuis février 2023. Le gouvernement de gauche, minoritaire et en sursis, tente de limiter l’impact avec de nouveaux plafonds sur les prix du gaz et des remises sur le carburant. Mardi, Pedro Sanchez a présenté deux nouveaux décrets sur le logement, proches de ceux qui avaient déjà échoué, mais qui ont cette fois davantage de chances d’être validés par le Parlement.
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