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Au Parlement britannique, l’IA redonne sa voix d’avant à une parlementaire

Jane Campbell est devenue la première personne à prononcer un discours au Parlement britannique avec une voix recréée par intelligence artificielle.…

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Au Parlement britannique, l'IA redonne sa voix d'avant à une parlementaire

Jane Campbell est devenue la première personne à prononcer un discours au Parlement britannique avec une voix recréée par intelligence artificielle. Atteinte d’une maladie neuromusculaire dégénérative, cette membre de la Chambre des lords a retrouvé le temps d’une intervention la voix qu’elle avait avant que la maladie ne l’efface.

Jane Campbell siège à la Chambre des lords, la chambre haute du Parlement britannique, depuis 2007. Elle y est entrée sans étiquette politique. Atteinte d’amyotrophie spinale, une maladie neuromusculaire dégénérative qui rend l’expression orale très difficile, elle a vu sa voix s’abîmer au fil des années. Elle vient de franchir un cap. La voilà devenue la première personne à prendre la parole devant cette assemblée avec une voix générée par intelligence artificielle, reconstituée telle qu’elle était avant que la maladie ne la détériore.

Devant les autres membres, la baronne de 67 ans a expliqué ce que ce changement représentait pour elle. « Cette technologie de pointe va me permettre de participer aux débats avec ma propre voix, celle que j’avais avant qu’elle ne se détériore à cause de mon handicap », a-t-elle déclaré en introduction. Puis, avec une pointe d’humour, elle a lancé une formule qui résume bien l’instant. « Permettez-moi donc de vous présenter la baronne Campbell version 2.0. » Le discours qui a suivi, consacré à la santé, a été prononcé avec cette voix recréée.

Pour elle, l’enjeu dépasse le seul confort personnel. « J’espère que vous conviendrez avec moi qu’il s’agit d’une évolution enthousiasmante pour la Chambre des lords, qui montre au monde ce que l’inclusion dans la démocratie peut offrir de meilleur », a-t-elle ajouté. Son parcours plaide en ce sens. Figure de proue de la défense des droits des personnes handicapées, elle ne devait pas vivre au-delà de deux ans selon les médecins. Elle a déjoué ce pronostic.

Rien n’aurait été possible sans l’aval de la commission des procédures, qui veille au protocole au sein de la Chambre. Jane Campbell sait frapper à cette porte. En 2012, la même instance lui avait déjà permis de faire venir son assistante pour lire ses discours lorsque c’était nécessaire. Une dérogation à une règle très ancienne, qui remonte à 1707 et interdit à toute personne extérieure à la Chambre d’y prendre place.

La parlementaire a travaillé avec ElevenLabs, une entreprise spécialisée dans les voix de synthèse au rendu naturel. Gabi Leibowitz, qui y est responsable et orthophoniste de formation, raconte un travail mené main dans la main avec Jane Campbell pour peaufiner son clone vocal et s’assurer qu’il colle exactement à ce qu’elle voulait. La technologie a beaucoup progressé. Il fallait autrefois enregistrer près de 400 phrases pour recréer une voix, avec un résultat « relativement robotique, qui ne véhiculait pas vraiment d’émotion », se souvient Gabi Leibowitz. Désormais, trente secondes d’audio peuvent suffire. Pour un clone de la meilleure qualité, mieux vaut toutefois prévoir entre trente minutes et une heure d’enregistrement.

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