Économie
Nvidia presse l Europe de faire entrer l intelligence artificielle dans ses usines
Le patron du fabricant de puces a choisi Berlin pour rappeler aux Européens qu ils disposent d atouts solides dans l IA industrielle, à condition de…

Le patron du fabricant de puces a choisi Berlin pour rappeler aux Européens qu ils disposent d atouts solides dans l IA industrielle, à condition de passer à l action. Un appel lancé au moment où les marchés s interrogent sur les sommes englouties dans la technologie.
Mercredi, devant une salle comble réunie pour sa conférence GTC à Berlin, Jensen Huang a délivré un message simple à l adresse du Vieux Continent. Le directeur général de Nvidia estime que l Europe ne tirera réellement profit de l intelligence artificielle que si l ensemble de ses industries finales s en emparent et réussissent avec elle. Pas question, selon lui, de réserver la technologie à quelques laboratoires ou jeunes pousses. L automobile, la robotique, la pharmacie et les services financiers figurent parmi les secteurs qu il a cités comme prioritaires.
Le dirigeant n a pas ménagé ses compliments. Il a salué le savoir-faire des Européens dans la conception de machines, la conduite d usines et la découverte de médicaments. Des compétences industrielles rares, qui donnent au continent une base de départ intéressante. Certains acteurs ont déjà franchi le pas. Les constructeurs allemands Mercedes-Benz et Volkswagen s appuient sur une plateforme informatique de Nvidia pour, à terme, mettre sur le marché des véhicules autonomes et des flottes de robotaxis.
Cet appel intervient dans un climat plus tendu qu il n y paraît. Les dépenses massives des géants de la tech dans l IA alimentent la progression des marchés depuis des mois, mais les investisseurs se montrent de plus en plus attentifs aux valorisations élevées et aux risques de dérapage des modèles. Nvidia, qui s est engagé à hauteur de 10 milliards de dollars en Europe, a d ailleurs annoncé lundi des investissements dans quatre start-up allemandes. Agile Robots conçoit des robots dopés à l IA pour les usines, Avelios Medical travaille sur les technologies de santé, Mirelo développe une plateforme d édition vidéo et Reflex Aerospace fabrique des satellites haute performance.
Reste un défi de taille pour l Allemagne, très en retard sur les capacités de calcul informatique et les grands modèles de langage. Berlin mise sur une autre carte, celle des données industrielles, pour trouver sa place dans la course. Lundi, le chancelier Friedrich Merz a directement interpellé les entreprises du pays, et surtout les PME, pour qu elles partagent davantage leurs informations. Il les a invitées à ouvrir grandes les portes de leurs données à l IA, en présentant ce mouvement comme décisif pour l avenir du pays.
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