Économie
L’Inde veut peser plus lourd dans les assiettes du monde
L’Inde profite d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne pour pousser ses aliments à l’export, du riz aux produits transformés. Le pays veut se…

L’Inde profite d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne pour pousser ses aliments à l’export, du riz aux produits transformés. Le pays veut se faire une place sur les grands marchés, tout en composant avec un commerce mondial plus instable.
Le grand rendez-vous professionnel de l’alimentation à Paris accueille un pavillon indien et un statut de pays partenaire, une première. Plus de 220 entreprises indiennes y sont représentées, avec des calicots qui proclament « Inde nourrir notre futur ». Derrière cette présence visible, l’Inde affiche une ambition plus large. Le pays, en passe de devenir la quatrième économie mondiale, veut vendre bien au-delà du riz basmati, du thé et des épices.
Un accord de libre-échange avec l’Union européenne doit l’aider à changer d’échelle. Présenté comme le plus ambitieux signé par l’Inde avec un partenaire, il prévoit de réduire les droits de douane sur l’huile d’olive ou les vins européens. Dans l’autre sens, il ouvrirait à l’Inde des quotas pour la viande de mouton ou d’agneau, le maïs, les raisins, les concombres et les oignons séchés. New Delhi a aussi trouvé des terrains d’entente avec la Grande-Bretagne, et le Canada est attendu. Les discussions avec Washington, elles, avancent mal. Les secteurs agricole et agroalimentaire indiens pèsent 55 milliards de dollars par an, moins que la France. Il reste donc de la marge. Au-delà des produits bruts, l’Inde vise surtout les aliments transformés, plus rémunérateurs.
Sur le terrain, exporter sert aussi de vitrine pour un marché intérieur immense, de plus en plus connecté et solide. L’Europe, et notamment la France, apparaît comme un débouché plus mûr. L’argument santé et la demande de plats végétaux portent. De nouveaux restaurants, avec des currys de wagyu ou des côtelettes au tandoor dans les capitales européennes, participent à l’émulation. Certaines entreprises indiennes dépendent largement de l’étranger. Un fabricant écoule la moitié de son beurre de cacahuète en versions chocolat ou riche en protéines. Une autre entreprise vend du riz et des superaliments comme le chia, le quinoa ou les graines de lin, avec l’export comme unique destination.
Le tableau reste contrasté. Des exposants décrivent un ralentissement lié à la situation géopolitique. Un producteur de riz, galettes et chips, qui exporte toute sa production dont une part au Moyen-Orient, a perdu de l’activité avec la guerre dans le Golfe. Il espère de nouveaux débouchés en Afrique. Un exportateur de concombres et cornichons voit dans l’accord européen une possibilité, mais anticipe une chute de 40 % de sa production à cause du changement climatique et du manque de pluie.
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