Économie
GiFi demande une protection judiciaire et ses salariés attendent des réponses
L’enseigne de bazar GiFi sollicite son placement en redressement judiciaire pour protéger son activité. Ses 6 000 salariés en France, et particulièrement…


L’enseigne de bazar GiFi sollicite son placement en redressement judiciaire pour protéger son activité. Ses 6 000 salariés en France, et particulièrement ceux de Villeneuve-sur-Lot, attendent de savoir ce que cette procédure changera concrètement.
GiFi a demandé à être placée en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse. L’enseigne, qui compte plus de 500 magasins en France, a informé ses salariés de cette démarche, présentée comme un moyen de préserver l’entreprise et de poursuivre son activité. Le nouveau président du directoire, Patrick Puy, assure que les magasins restent ouverts, que l’activité continue et que les contrats de travail ne changent pas. Aucun plan de sauvegarde de l’emploi n’est engagé à ce stade, selon lui.
Derrière cette demande, il y a une trésorerie très abîmée et une succession de patrons. Patrick Puy est le quatrième à être missionné pour redresser le cap en deux ans. L’enseigne a aussi encaissé un changement de système informatique raté, puis la concurrence de magasins comme Action et Maxibazar, ou de plateformes en ligne comme Temu. Elle avait envisagé de réduire ses effectifs de 5 %, avant d’interrompre ce projet, et s’est rapprochée de Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins.
À Villeneuve-sur-Lot, cette annonce pèse lourd. GiFi y a son siège et reste le premier employeur privé de la ville, qui compte 22 000 habitants. Le site rassemble 600 salariés, dont les familles font vivre une activité indirecte et tout un écosystème autour de l’enseigne. Une employée de douze ans d’ancienneté, qui préfère garder l’anonymat, décrit une attente pesante. Elle ne sait pas ce qui se prépare, mais elle savait déjà que l’entreprise allait mal. Dans un bassin d’emploi qu’elle juge peu favorable, l’inquiétude est bien réelle.
Le maire, Guillaume Lepers, a tenté de rassurer ses administrés. Il connaît GiFi de l’intérieur pour y avoir travaillé vingt ans, notamment comme directeur des achats. Aux salariés, il rappelle que tout un territoire se tient derrière eux, avec des élus locaux et nationaux, et que les choses bougent à Paris comme ici. Il se dit convaincu que l’enseigne n’est pas morte, même s’il faudra sans doute redimensionner l’entreprise. Il promet aussi de se battre pour que la centrale d’achat reste dans le Lot-et-Garonne et à Villeneuve-sur-Lot.
Les conséquences possibles sont suivies de près. Si GiFi disparaissait, le maire redoute des effets graves pour les collectivités, le bassin d’emploi et l’ensemble du territoire. Pour l’instant, la procédure doit permettre à l’entreprise de continuer son activité sous protection. Mais les 6 000 salariés français, et plus encore les habitants de Villeneuve-sur-Lot, savent que l’équilibre reste fragile. La direction promet une stabilité immédiate. Le tribunal devra dire comment la suite peut s’écrire.
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