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Raphaël Glucksmann avance dans une campagne sous pression et sous protection

Raphaël Glucksmann dénonce un harcèlement qui complique ses déplacements et le lancement de sa campagne. La France insoumise rejette toute responsabilité…

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Raphaël Glucksmann avance dans une campagne sous pression et sous protection

Raphaël Glucksmann dénonce un harcèlement qui complique ses déplacements et le lancement de sa campagne. La France insoumise rejette toute responsabilité et l’accuse de nourrir la confrontation.

Raphaël Glucksmann voulait surfer sur sa victoire à la primaire sociale-démocrate. La réalité est plus rugueuse. À peine désigné, il dit subir un harcèlement qui l’oblige à verrouiller ses déplacements et complique le lancement de sa campagne présidentielle. Enfarinage, invectives, insultes, chahuts. Il assure ne plus pouvoir aller quelque part sans rencontrer une hostilité qu’il juge organisée.

Le contexte n’aide pas. La mobilisation sociale autour de l’éducation et du pouvoir d’achat bat son plein, mais l’eurodéputé peine à se rendre dans les manifestations. Il y est régulièrement pris à partie. Son entourage parle d’un vrai sujet démocratique et de violences qui ne garantissent pas des conditions de sécurité. Résultat, le candidat garde le secret sur ses déplacements le plus longtemps possible et les calibre avec minutie.

Les incidents se sont multipliés. Il a été invectivé lors d’un rassemblement féministe, enfariné le soir de sa victoire dans une rue de Paris, pris à partie à Nancy ou à Amiens, chahuté devant l’Hôtel de ville de Paris. Le Parti socialiste, dont il porte les couleurs, a aussi été conspué lors d’un hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes, au cri de « tout le monde déteste le PS ». La gauche sociale-démocrate est depuis longtemps maltraitée dans des manifestations, souvent taxée de trahison par une partie plus radicale.

Raphaël Glucksmann met directement en cause La France insoumise. Il l’avait déjà fait lors des européennes, lorsqu’il avait dû être exfiltré d’une manifestation à Saint-Étienne après des jets de peinture et des insultes. LFI réfute toute implication. Manuel Bompard estime qu’il ne devrait pas dire cela parce que ce n’est pas vrai. Mathilde Panot assure que les Insoumis ne parlent jamais de lui et l’invite à se concentrer sur son programme plutôt que sur eux. Son directeur de campagne souligne aussi un harcèlement dans le cadre privé, quand il sort acheter des cigarettes ou emmène son fils à l’école. Un sénateur socialiste juge que cela atteint un niveau inédit dans une présidentielle.

Dans son entourage, on en est persuadé. Sa progression dans les sondages, crédité de 12 à 15 % des intentions de vote, inquiéterait le camp mélenchoniste et pousserait certains à des excès. Un socialiste souligne que des collaborateurs de députés de la gauche radicale se trouvaient à proximité le soir de l’enfarinage. La direction de LFI fait mine d’ignorer le problème, mais des sympathisants ou militants insoumis sont présents à chaque fois, dit-il. S’il existait des consignes pour arrêter, elles seraient suivies.

Le candidat, lui, ne veut pas reculer. Alexandre Ouizille affirme qu’il n’a pas peur et promet sa présence dans le mouvement social dans les prochaines semaines, avec des précautions. Raphaël Glucksmann a déjà annoncé sa participation à un rassemblement à Trappes contre le racisme. Il dispose désormais du service d’ordre du Parti socialiste et d’une protection policière permanente. Un proche veut croire que ces personnes, qui ne sont pas membres de LFI mais votent Jean-Luc Mélenchon et insultent le candidat à chaque déplacement, montrent le monde qu’elles veulent. À terme, cela porterait préjudice à LFI.

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