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BHV en faillite, les syndicats réclament un redressement judiciaire sans attendre

Le grand magasin parisien se déclare en faillite et demande son placement en redressement judiciaire. Les représentants du personnel dénoncent des…

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BHV en faillite, les syndicats réclament un redressement judiciaire sans attendre

Le grand magasin parisien se déclare en faillite et demande son placement en redressement judiciaire. Les représentants du personnel dénoncent des dirigeants défaillants et veulent une procédure rapide.

La direction du BHV Marais a fini par reconnaître une réalité lourde. L’enseigne parisienne, qui assurait encore ne pas être en cessation de paiement, affirme cette fois être en faillite. Elle a déposé un dossier auprès de la justice lyonnaise pour obtenir un placement en redressement judiciaire. L’objectif annoncé consiste à préserver l’activité et l’emploi, mais aussi à sécuriser son plan de relance.

Face à ce scénario, l’intersyndicale ne mâche pas ses mots. Les représentants du personnel jugent que les dirigeants actuels ont « manifestement failli » et demandent à la justice d’ouvrir « urgemment » la procédure. Ils pointent « l’absence de stratégie et de moyens réels pour redresser l’enseigne » et « l’opacité sur les flux financiers ». Pour eux, continuer avec l’équipe en place conduit à l’échec. Un projet de reprise solide et bien financé leur paraît la seule voie pour maintenir l’activité et sauvegarder une partie des emplois.

Que changerait concrètement cette procédure ? Elle ouvrirait une période d’observation de six mois, éventuellement renouvelable six mois. Au bout de ce délai, un plan de continuation d’activité pourrait être présenté au tribunal. Autrement dit, le redressement judiciaire ne garantit pas la survie du magasin, mais il installe un cadre et un temps pour négocier une sortie.

Le lieu du dépôt ajoute une couche de tension. L’intersyndicale s’étonne que la demande ait été formulée à Lyon, alors que le siège social a été transféré à Paris et qu’une audience au tribunal des affaires économiques de Paris était déjà prévue. La direction répond qu’une assignation de créancier ouverte antérieurement pourrait rendre le tribunal lyonnais compétent. Des discussions sont en cours entre les conseils du BHV et les deux tribunaux pour identifier la juridiction compétente. Lyon ou Paris, cela ne ferait aucune différence, assure-t-elle.

Les représentants du personnel qualifient encore de « tour de passe-passe » la revente à perte opérée par Frédéric Merlin au profit de certains de ses dirigeants. Ils avaient appelé à la grève, signe d’une défiance déjà installée. Pour les salariés, l’enjeu dépasse la seule bataille juridique. Il s’agit de savoir si un repreneur crédible et des moyens réels peuvent encore être mis sur la table.

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