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Fumigènes au Parlement albanais et colère de rue contre Edi Rama

Des députés d’opposition ont perturbé une séance en allumant fumigènes et feux de détresse pour dénoncer la gestion des protestations par le Premier…

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Fumigènes au Parlement albanais et colère de rue contre Edi Rama

Des députés d’opposition ont perturbé une séance en allumant fumigènes et feux de détresse pour dénoncer la gestion des protestations par le Premier ministre. Dans la rue, la contestation partie d’un projet immobilier s’étend désormais à la corruption.

Jeudi, l’hémicycle albanais a basculé dans le chaos. Les députés de l’opposition ont lancé des bouteilles d’eau en direction du Premier ministre, allumé des bombes fumigènes et des fusées de détresse, brandi des photos de manifestants présumés blessés et des pancartes de soutien au mouvement. Le tout en scandant un mot d’ordre repris dans la rue, la démission d’Edi Rama. La séance, consacrée à un vote ordinaire, a été perturbée de bout en bout.

Cette colère parlementaire prolonge une contestation née dans la rue. Depuis la mi-octobre, des étudiants réclament davantage de moyens pour l’enseignement et le départ du Premier ministre. Les rassemblements ont dégénéré à plusieurs reprises. Près de 350 personnes ont été blessées, policiers compris, et des dizaines de manifestants arrêtés. Certains protestataires s’en prennent à des édifices officiels.

Mercredi, l’exécutif a frappé fort avec des amendes pouvant atteindre 500 000 leks, soit environ 5 500 euros. Une somme plus de cinq fois supérieure au salaire moyen, fixé à 930 euros par mois. Edi Rama, lui, renvoie la violence à des « acteurs étrangers » et accuse la Russie et l’Iran de campagnes de désinformation en ligne. Le pays reste par ailleurs candidat à l’entrée dans l’Union européenne.

Le mouvement a démarré en mai autour d’un projet immobilier touristique controversé, au bénéfice de proches du président américain Donald Trump. La grogne s’est ensuite élargie à la corruption. Les manifestants prennent soin de se tenir à l’écart des partis, et renvoient dos à dos Edi Rama comme le chef de file de l’opposition Sali Berisha. Belind Kellici, député du Parti démocratique, résume le reproche adressé au pouvoir. Le Premier ministre et ses députés socialistes poursuivent leur agenda « comme si de rien n’était », une manière selon lui de nier la crise profonde que traverse le pays.

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