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Amiante, près de trente ans après l’interdiction, indemniser les victimes reste un combat de longue haleine

Près de trente ans après l’interdiction de l’amiante, des victimes continuent de demander réparation. Le fonds dédié veut désormais aller vers elles, car…

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Amiante, près de trente ans après l'interdiction, indemniser les victimes reste un combat de longue haleine

Près de trente ans après l’interdiction de l’amiante, des victimes continuent de demander réparation. Le fonds dédié veut désormais aller vers elles, car beaucoup ignorent encore leurs droits.

L’amiante a été classé cancérogène dès 1977 et interdit en France en 1997. Ce minéral fibreux résistant au feu a longtemps été utilisé dans l’industrie et la construction. L’exposition prolongée peut provoquer des cancers et des maladies respiratoires ou pleurales graves, comme le cancer du poumon, le mésothéliome pleural, les plaques pleurales, l’asbestose et plus rarement des cancers du larynx ou de l’ovaire. Le délai entre l’exposition et la maladie peut atteindre 20 à 40 ans, parfois davantage. Les maladies liées à l’amiante sont aujourd’hui la première cause de décès liés au travail, hors accidents du travail. Entre un et deux millions de travailleurs ont pu être exposés lors d’activités d’entretien ou de maintenance, dont 900 000 dans le bâtiment.

Le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante a reçu plus de 117 000 demandes depuis sa création en 2001. Sur une année, 2 745 personnes ont saisi cet organisme public. Près de 8 milliards d’euros ont été attribués aux victimes et à leurs familles depuis l’ouverture du fonds, qui accepte 85 % des dossiers. La directrice du fonds observe un vieillissement des demandeurs, des hommes âgés de 71 ans en moyenne. Cette évolution laisse penser qu’une partie des victimes a pu décéder sans avoir engagé de démarche.

Pour réduire ce non-recours, un dispositif dit d’aller-vers a été prévu dans le financement de la Sécurité sociale. Sa promulgation a tardé. Depuis son entrée en vigueur, le fonds peut contacter directement des personnes atteintes de maladies professionnelles liées à l’amiante. Les noms sont fournis par les organismes d’assurance maladie. L’objectif est simple. Aider les victimes à faire valoir leurs droits sans qu’elles aient à frapper elles-mêmes à la porte.

Les premiers résultats de ce contact direct restent modestes. 321 personnes ont été jointes et près de 80 ont renvoyé les formulaires. Certaines pourront être indemnisées dans les prochains mois. Le chemin reste long pour les malades et leurs proches. Les cancers bronchopulmonaires ne sont pas toujours opérables et le mésothéliome laisse une espérance de vie très faible après le diagnostic, de 12 à 18 mois. La réparation intervient souvent des décennies après l’exposition, quand la maladie est déjà là.

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