Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

Les maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard

Le maire de Cannes mène campagne pour la présidentielle tout en briguant un nouveau mandat à la tête de l’Association des maires de France. Ses…

Article

le

Les maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard

Le maire de Cannes mène campagne pour la présidentielle tout en briguant un nouveau mandat à la tête de l’Association des maires de France. Ses déclarations à répétition et son positionnement hybride exaspèrent une partie des élus, qui lui demandent de trancher.

David Lisnard ne fait pas les choses à moitié. Le maire de Cannes est candidat à l’élection présidentielle sous la bannière de son mouvement Nouvelle Énergie. Dans les sondages, il fait jeu égal avec le patron des Républicains Bruno Retailleau, les deux restant sous la barre des 10 %. En parallèle, il préside l’Association des maires de France et remet son mandat en jeu lors du congrès des maires, du 24 au 26 novembre. Deux casquettes, une même personne, et un malaise qui grandit.

La goutte d’eau est venue de ses propos sur le plateau de Millevaches, où il a évoqué des camps d’entraînement terroristes, après les violences du 17 octobre et l’incendie de la mairie de Limoges. Une cinquantaine d’élus de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne ont signé une lettre ouverte pour contester ces affirmations. Le maire socialiste de Meymac, Philippe Brugère, et Olivier Cagnon, maire divers gauche de Felletin, rappellent qu’à ce jour aucun élément public ne vient étayer l’existence de tels camps. Ils lui demandent de retirer ses mots et d’aller jusqu’à la démission. Leur message est direct. Il doit trancher entre la présidence de l’AMF et sa campagne présidentielle.

Ce n’est pas la première alerte. Peu avant, le vice-président socialiste de l’AMF André Laignel et le maire de Bourg-en-Bresse Jean-François Debat lui avaient déjà adressé un rappel à l’ordre. Ils dénonçaient un mélange des genres et des déclarations jugées inacceptables au sujet du 17 octobre 1961, quand des dizaines d’Algériens ont été tués et jetés dans la Seine. Interrogé par une étudiante proche de LFI, il avait lâché qu’il s’en fichait, qu’il n’était pas né. Il a ensuite assuré avoir voulu éviter que ce drame serve à justifier les scènes de chaos en marge des mobilisations.

Les critiques dépassent désormais les rangs de la gauche. Le patron des députés Modem Marc Fesneau a pointé des positions clivantes et une double casquette qui affaiblit l’AMF. Selon lui, une organisation qui représente les communes et leurs élus ne doit pas devenir le prolongement d’une stratégie personnelle ou partisane. Même son de cloche chez certains maires de droite, alors qu’un accord transpartisan a été bouclé pour les élections aux instances de l’AMF.

Du côté des soutiens, on relativise. La maire LR de Pontoise Stéphanie Von Euw estime que ces remontrances prouvent surtout que David Lisnard bouscule et dérange sur le ring présidentiel. Elle assure qu’il veille à séparer ses prises de position personnelles de celles prises au nom de l’AMF. Le maire socialiste de Coulaines Christophe Rouillon admet que ça tangue un peu, tout en insistant sur la volonté de garder l’AMF unie.

L’élection s’annonce pourtant ouverte. Le maire du Mans et ancien ministre Stéphane Le Foll a annoncé sur le réseau X qu’il voterait pour l’opposant de David Lisnard, le maire de Sceaux Philippe Laurent, candidat UDI. Il juge le scrutin ouvert à cause de l’attitude du président sortant, trop excessif, et lui reproche d’avoir préparé sa mise en orbite présidentielle depuis l’AMF. Il pronostique même qu’après sa campagne, David Lisnard passera un accord avec Marine Le Pen et Eric Ciotti, que le candidat a récemment invité à le rejoindre et à se séparer de ses alliés du Rassemblement national.

Christophe Rouillon, lui, refuse de voir en David Lisnard un extrême-droitiste, sinon l’alliance n’aurait pas été possible. Il rappelle que la balle est dans le camp de la droite, qui a proposé le maire de Cannes. Si l’accord tient de ce côté, il sera réélu. D’ici là, le congrès des maires s’annonce animé.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus