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Lavrov campe sur ses positions au G20 et douche les espoirs de négociation

À Atlanta, le ministre russe des Affaires étrangères n’a montré aucune ouverture sur l’Ukraine. Les Européens parlent d’un discours provocateur, alors que…

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Lavrov campe sur ses positions au G20 et douche les espoirs de négociation

À Atlanta, le ministre russe des Affaires étrangères n’a montré aucune ouverture sur l’Ukraine. Les Européens parlent d’un discours provocateur, alors que les efforts de paix patinent.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a participé à la réunion du G20 à Atlanta sans infléchir sa ligne. Interrogée pour savoir si Moscou avait donné le moindre signal en faveur de discussions, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a répondu par la négative. Elle a aussi reproché au ministre russe d’avoir répandu de fausses thèses, qu’elle dit avoir pu contredire. Pour des diplomates européens, son intervention a même été perçue comme une provocation.

Lavrov a pourtant décrit un échange bref et plutôt agréable avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux hommes ont évoqué leurs relations bilatérales et leur coopération dans les organisations multilatérales, d’après le récit du ministre russe devant la presse. Washington n’a pas confirmé cette rencontre. Le climat reste donc loin d’une percée, d’autant que les discussions censées mettre fin à la guerre en Ukraine sont à l’arrêt. Une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains pourrait avoir lieu aux Émirats arabes unis pour relancer la piste de la paix, mais elle n’est pas encore validée par les États-Unis.

À Atlanta, l’absence de photo de famille a marqué les esprits. Les Européens ne voulaient pas apparaître aux côtés du représentant russe. Un responsable américain a expliqué que Washington avait préféré annuler ce moment plutôt que de créer une distraction diplomatique devant les journalistes du monde entier. La réunion doit aussi préparer un sommet que Donald Trump accueillera dans son golf en Floride.

En ouverture, Marco Rubio a parlé d’un moment décisif pour le monde. Les conflits en Iran et en Ukraine restent dans l’impasse et les cours du pétrole s’envolent. Le secrétaire d’État a mis en garde contre une série de crises économiques et géopolitiques liées entre elles, susceptibles de menacer les fondements de l’ordre économique mondial. Le G20 réunit de grandes économies et la Russie, mais reste divisé. L’administration Trump, qui préside le groupe avant de transmettre le relais au Royaume-Uni, estime que cette instance s’est éloignée de ses objectifs et cherche à la réorienter, en soutenant que sécurité mondiale et prospérité économique vont de pair.

Les échanges ont porté sur l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et la liberté de navigation, notamment dans le détroit d’Ormuz. Aucune déclaration finale négociée n’est attendue, seulement des conclusions de la présidence américaine. La rencontre intervient aussi dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient. Washington aurait demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense dans la perspective du scrutin américain. Donald Trump a évoqué la possibilité d’une nouvelle opération d’envergure, en référence à l’offensive américaine en Iran. Kaja Kallas a réaffirmé que les Européens plaidaient pour une solution diplomatique, car une escalade ne profiterait à personne.

L’Afrique du Sud était la grande absente. Soutenue par plusieurs pays, elle n’a pas été invitée à Atlanta. Washington lui reproche une prétendue persécution des Afrikaners, descendants de colons blancs européens. Les États-Unis ont en revanche convié la Pologne, avec l’espoir d’en faire un membre à part entière du G20, une perspective que Moscou rejette fermement.

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