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TotalEnergies empoche 8,3 milliards de dollars et se retrouve sous le feu des critiques

Le géant français du pétrole et du gaz a bouclé un troisième trimestre historique, porté par des marges de raffinage jamais vues. Un pactole qui relance…

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TotalEnergies empoche 8,3 milliards de dollars et se retrouve sous le feu des critiques

Le géant français du pétrole et du gaz a bouclé un troisième trimestre historique, porté par des marges de raffinage jamais vues. Un pactole qui relance le débat sur la taxation des superprofits, alors que le carburant reste cher à la pompe.

TotalEnergies a publié jeudi un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre, contre 3,7 milliards un an plus tôt. Un bond qui écrase encore les résultats, déjà très confortables, du premier semestre. À la manœuvre, le patron du groupe, Patrick Pouyanné, ne boude pas son plaisir. Il résume la situation devant les investisseurs en évoquant un tableau entièrement vert, sur le trimestre écoulé comme sur le mois d’octobre, et sans doute pour la suite de l’année.

Le moteur de cette performance porte un nom. Le raffinage. Sur ce segment, la compagnie a dégagé 3,6 milliards de dollars entre juillet et septembre, là où elle en avait engrangé 687 millions douze mois plus tôt. Une marge historique, nourrie par la tension sur le gazole. Les difficultés qui touchent les installations énergétiques et les raffineries en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient ont fait grimper le prix du carburant le plus consommé dans l’Hexagone, et avec lui l’écart entre le brut et le produit raffiné. Pouyanné s’attend d’ailleurs à ce que cette marge européenne reste solide, en s’appuyant sur des stocks peu remplis.

Le phénomène dépasse largement les frontières françaises. L’espagnol Repsol, très exposé au raffinage, a vu son bénéfice net multiplié par quatre sur les neuf premiers mois de l’année, avec plus de la moitié de la somme sur le seul troisième trimestre. Le britannique Shell affiche une progression de 126,6 % sur un an, à 12,1 milliards de dollars. Les marchés ont salué la nouvelle, avec des hausses de 1,20 % à Paris pour TotalEnergies, 2,06 % à Londres pour Shell et 3,05 % à Madrid pour Repsol. Les comptes de Chevron, ExxonMobil et BP sont attendus vendredi, dans un climat tout aussi favorable.

Le gaz naturel liquéfié a lui aussi contribué au magot, grâce à des prix de vente plus élevés et à des activités de trading bien orientées. Le groupe envisage un quatrième trimestre au moins aussi bon sur ce volet. Le contexte s’y prête, le gaz européen ayant franchi la barre des 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis quatre ans, conséquence de stocks plus bas que l’an dernier et d’un approvisionnement compliqué.

Ces montants font bondir les opposants. Plusieurs organisations, dont 350.org, Action Justice Climat Paris et Attac France, ont fustigé des bénéfices qualifiés d’indécents, au lendemain du rejet par les députés d’amendements visant à taxer les profits fossiles. La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a de son côté défendu l’existence d’un grand groupe pétrolier français en temps de crise, tout en réclamant de l’exemplarité et une répercussion à la baisse liée au déstockage de diesel à moindre coût. Le gazole s’achetait jeudi à plus de 2,38 euros le litre en moyenne. TotalEnergies le plafonne à 2,25 euros dans ses stations-service, un geste qui lui coûte 500 millions d’euros depuis janvier, mais lui rapporte des parts de marché. Le PDG chiffre par ailleurs autour de 500 millions d’euros l’impôt sur les sociétés que le groupe devrait acquitter.

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