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La jeunesse obtient des pistes mais garde la pression

Après un mois de contestation lycéenne et étudiante, l’exécutif avance plusieurs chantiers pour l’enseignement supérieur et les lycées. Les organisations…

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La jeunesse obtient des pistes mais garde la pression

Après un mois de contestation lycéenne et étudiante, l’exécutif avance plusieurs chantiers pour l’enseignement supérieur et les lycées. Les organisations de jeunesse saluent quelques ouvertures mais refusent de baisser les bras avant d’obtenir des résultats concrets.

Le gouvernement a dévoilé une série de pistes destinées à répondre à la colère qui monte dans les lycées et les universités. La plus symbolique concerne Parcoursup, la plateforme d’orientation très critiquée depuis le début du mouvement. Son remplacement serait engagé en deux étapes. D’abord, davantage de transparence sur les algorithmes locaux dès cette année scolaire. Ensuite, un grand chantier dès l’année suivante, avec un texte de loi à la clé.

Le paquet comprend aussi 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Pour les bâtiments, un plan de rénovation des lycées et des universités atteint 5 milliards d’euros, porté surtout par des prêts à taux réduit accordés aux collectivités. Les bourses étudiantes seraient indexées sur l’inflation. Autre mesure évoquée devant les organisations reçues à Matignon, le plafonnement à 28 élèves par classe de seconde, en priorité dans les établissements les plus défavorisés dès la prochaine rentrée.

Ces annonces devaient être présentées par les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur lors d’une conférence de presse. Elles sont finalement apparues plus tôt que prévu, après une rencontre avec le Premier ministre. La plupart ont été confirmées. Elles pourraient se traduire par des amendements dans le budget en cours d’examen. D’autres pistes sur les remplacements de professeurs ou les heures d’enseignement pourraient suivre.

Les organisations lycéennes ne crient pas victoire. Renouveau lycéen juge que plusieurs annonces vont dans son sens, mais veut poursuivre la mobilisation le temps d’obtenir des retours très concrets du terrain. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, estime que les revendications portées et largement soutenues ne sont pas satisfaites. Elle appelle à amplifier la grève en vue de la journée nationale de mobilisation syndicale. L’exécutif espérait ainsi couper court à la colère des jeunes avant une nouvelle journée d’action des gilets jaunes et une journée nationale de grèves et de manifestations à l’appel des syndicats.

La contestation est née dans un lycée de banlieue parisienne avant de s’étendre à tout le pays. Elle a débouché sur de vastes manifestations, avec à leurs marges des casses et des pillages. Face à cela, l’exécutif a surtout mis l’accent sur le maintien de l’ordre, au risque de laisser dans l’ombre les autres revendications, notamment celles liées au coût de la vie. Une plateforme ouverte pour recueillir la parole lycéenne a réuni environ 100 000 contributions avant sa clôture.

Les étudiants et lycéens rassemblés autour de l’Union étudiante, de La Fage, de l’Unef et de l’Union syndicale lycéenne réclament dix mesures principales, chiffrées à 10 milliards d’euros. Elles incluent la fin de la sélection à l’université, la création de 250 000 places et une réforme des bourses. Les présidents d’université mettent en garde. Supprimer Parcoursup ne constitue pas une solution magique à leurs yeux. Ils refusent de confondre l’outil avec la politique de réduction des moyens qui a créé de fortes tensions à l’entrée de l’enseignement supérieur. Un débat sans vote sur l’avenir de Parcoursup doit se tenir à l’Assemblée.

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