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Le Maine encaisse les effets d’une guerre commerciale avec son voisin canadien

Dans le Maine, les droits de douane lancés par Donald Trump ont abîmé les liens avec le Canada et fragilisent une économie déjà sous pression. À…

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Le Maine encaisse les effets d'une guerre commerciale avec son voisin canadien

Dans le Maine, les droits de douane lancés par Donald Trump ont abîmé les liens avec le Canada et fragilisent une économie déjà sous pression. À l’approche du scrutin de mi-mandat, le coût de la vie s’impose comme le sujet central.

À Caribou, dans le Maine, la frontière canadienne n’est pas une ligne lointaine. Shawn Pelletier, copropriétaire d’une brasserie, observe les échanges avec le Nouveau-Brunswick voisin et redoute la suite. « Du point de vue économique, ces droits de douane vont sans aucun doute nous porter préjudice ici », dit-il. La ville vit au rythme de ces liens, et la guerre commerciale engagée par Donald Trump les met à l’épreuve. Une crainte circule aussi, celle que les voisins canadiens finissent par « nous détester ».

Les discussions entre Ottawa et Washington n’ont pas permis d’éviter une surtaxe de 20 milliards de dollars sur les produits canadiens. Le Canada a répliqué par des droits de douane sur un montant équivalent d’importations américaines. Donald Trump a alors ajouté de nouvelles surtaxes, pouvant atteindre 50%. Le Maine, État le plus boisé du pays, figure parmi les territoires les plus touchés. Deux millions de personnes traversent sa frontière chaque année. Sur place, des exploitations forestières et le tourisme ont chuté.

Les ménages déjà éprouvés par le prix des carburants voient le coût de la vie grimper. Ce sujet domine la campagne de mi-mandat. Pour Garrett Martin, président du Maine Center for Economic Policy, les conséquences économiques sont déjà là et « de grande ampleur ». Il rappelle que le Maine entretient une longue histoire avec le Canada, faite de liens familiaux et commerciaux. Les visites de Canadiens dans l’État ont reculé de 43% lors de la première année d’application des droits de douane. Les recettes fiscales en ont souffert.

Le bois pèse huit milliards de dollars par an dans l’économie du Maine. Garrett Martin décrit des effets « en cascade » liés à la hausse des coûts. Certaines exploitations ont dû réduire leur activité, d’autres l’ont arrêtée. Dana Doran, responsable d’une organisation qui représente le secteur, note que ce déclin ne date pas d’hier. Mais les droits de douane sur les camions, les équipements, les pièces détachées et les produits du bois ont fait monter les prix « de 30 à 50% dans l’ensemble du secteur ». Le carburant cher a encore assombri les perspectives.

Depuis longtemps, les scieries canadiennes proches du Maine transforment de grandes quantités d’arbres venus de l’État. Ottawa a ensuite imposé des droits de douane de 25 à 50%, notamment sur les produits sylvicoles. Les habitants des deux côtés de la frontière ont tissé des liens, mais « je pense que le débat sur les droits de douane a créé des tensions, ce qui est regrettable », estime Dana Doran. Toutes les entreprises ne se plaignent pas. Jason Brochu, copropriétaire de Pleasant River Lumber Company, veut étendre sa production. Il voit dans ces droits de douane un moyen d’instaurer une concurrence équitable face aux exploitations subventionnées du Canada.

La Maison Blanche a annoncé faire évoluer la liste des produits canadiens visés par des droits de douane de 50%. Susan Collins, sénatrice du Maine, a aussitôt cherché à s’attribuer le mérite de ces exemptions. Son rival démocrate Troy Jackson, ancien bûcheron et au coude-à-coude avec elle dans la course, assure au contraire qu’elle n’a fait que « favoriser le chaos » provoqué par les droits de douane de Donald Trump. Pour Garrett Martin, il faudra beaucoup de temps pour rétablir la confiance entre le Maine et son voisin du nord.

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