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Pékin resserre les rangs avant le grand rendez-vous de 2027

Le parti au pouvoir ouvre une réunion à huis clos pour durcir la discipline et verrouiller la loyauté des cadres. Derrière les portes closes, l’enjeu…

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Pékin resserre les rangs avant le grand rendez-vous de 2027

Le parti au pouvoir ouvre une réunion à huis clos pour durcir la discipline et verrouiller la loyauté des cadres. Derrière les portes closes, l’enjeu dépasse la seule lutte anticorruption et touche à la préparation du prochain congrès.

À Pékin, les plus hauts responsables du Parti communiste chinois se retrouvent à huis clos. Environ 300 membres du Comité central participent à cette session plénière. Le but affiché consiste à renforcer la discipline interne, à réduire la corruption et à rendre les cadres plus efficaces et plus loyaux. Xi Jinping, secrétaire général du parti et au pouvoir depuis 2012, a présenté un rapport d’activité ainsi qu’un projet de décision visant à imposer une gouvernance plus rigoureuse.

Cette orientation a été préparée par des réunions du Bureau politique. Celui-ci a réclamé des normes plus exigeantes et des mesures plus concrètes face aux changements profonds et aux nouveaux défis qui traversent la Chine et le monde. Les travaux se tiennent dans un strict huis clos, traditionnellement au Jingxi Hotel, dans l’ouest de la capitale. Peu d’informations devraient filtrer avant la clôture. Les observateurs guetteront les résultats, mais aussi d’éventuels changements de postes et l’apparition de nouvelles figures.

La réunion précède le remaniement de la direction prévu lors du 21e congrès du parti en 2027. Xi Jinping, 73 ans, semble assuré d’y décrocher un quatrième mandat historique. Les précédents plénums ont servi à consolider son autorité. Depuis 2012, il pilote une campagne anticorruption qui a provoqué des limogeages, dont ceux de dizaines de membres du Comité central. Mais il reste contrarié par la manière dont les cadres appliquent ses directives.

Un texte inspiré d’un discours prononcé plus tôt dans l’année a circulé avant la réunion. Le dirigeant y critiquait des fonctionnaires hypocrites, capables d’afficher une obéissance de façade tout en résistant intérieurement, en défendant l’individualisme et en faisant preuve d’opportunisme politique. Pour les analystes, Xi Jinping cherche surtout à obtenir des cadres plus efficaces et plus loyaux grâce à un contrôle accru et à des règles plus strictes.

La participation devrait être la plus faible depuis la mort de Mao Zedong en 1976, conséquence des purges dans l’appareil d’État. Huit sièges du Comité central sont vacants et quinze autres membres font l’objet d’enquêtes, avec un risque d’être remplacés. L’armée a également été touchée. Cinq des sept membres de la Commission militaire centrale ont chuté. Sur 44 militaires nommés au Comité central en 2022, seuls deux n’ont pas été écartés ou n’ont pas disparu.

La session pourrait nommer de nouveaux membres à la Commission militaire centrale, à moins que le parti préfère attendre le congrès de l’an prochain. Cette réunion se tient dans un contexte incertain pour la deuxième économie mondiale. La Chine est en passe d’enregistrer un nouvel excédent commercial record, mais elle reste freinée par des déséquilibres structurels, une demande intérieure atone et une crise prolongée de l’immobilier, autrefois moteur de croissance. Le pays est aussi engagé dans une âpre compétition stratégique, commerciale et technologique avec les États-Unis.

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