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Michèle Barzach, la gynécologue qui a fait entrer le préservatif dans le débat public

Médecin de formation, Michèle Barzach est décédée à 83 ans après une carrière marquée par la lutte contre le sida et un engagement constant pour la santé…

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Michèle Barzach, la gynécologue qui a fait entrer le préservatif dans le débat public

Médecin de formation, Michèle Barzach est décédée à 83 ans après une carrière marquée par la lutte contre le sida et un engagement constant pour la santé des femmes et des enfants. Son passage au gouvernement, ses combats et les controverses qui ont suivi dessinent une figure politique difficile à enfermer dans une seule case.

Michèle Barzach avait 83 ans. Ancienne ministre de la Santé et ex-présidente d’Unicef France, elle s’est éteinte après un parcours qui l’a menée de la médecine à la politique, puis à de nombreux engagements internationaux. Née à Casablanca le 11 juillet 1943 dans une famille juive d’Afrique du Nord, elle a grandi au Maroc avant de partir étudier la médecine à Paris. Devenue gynécologue, elle disait que cette expérience lui avait « permis de comprendre la place des femmes et la fragilité de leur statut ».

Dans les années 80, elle devient déléguée nationale aux affaires sociales au RPR, le parti de droite de Jacques Chirac. Elle entre ensuite au gouvernement, entre 1986 et 1988, au moment où l’épidémie de sida bouleverse la santé publique. Elle y devient l’une des personnalités les plus populaires de l’exécutif. Face à la contamination, elle s’oppose vivement au Front national et fait voter une loi autorisant la publicité pour le préservatif, jusque-là interdite. Cette décision donne à la prévention un espace public qui lui manquait.

Élue députée de Paris en 1988, elle devient adjointe au maire de la capitale, Jacques Chirac, jusqu’en 1995. Elle est aussi brièvement députée européenne. Mais sa trajectoire politique se heurte à des tensions internes. En accusant Charles Pasqua, figure forte du RPR, de porter une « dérive droitière », elle se crée des inimitiés. Avec d’autres, elle démissionne du parti en 1990. En 1996, elle signe avec Simone Veil notamment un manifeste pour la parité en politique, avant de quitter la vie politique.

Son engagement se poursuit ailleurs. Elle mène des missions pour Médecins du monde, puis préside à partir de 1998 la Fondation GlaxoSmithKline, qui soutient l’accès aux soins pour les femmes et les enfants en Afrique subsaharienne. De 2012 à 2015, elle préside Unicef France avec l’objectif de réduire la mortalité des enfants. Elle défendait une idée simple, « sans oublier leurs mères », car elle était convaincue que se battre pour les femmes, c’est se battre pour le développement. Elle a aussi conseillé l’Organisation mondiale de la santé, la Banque mondiale, plusieurs gouvernements de pays en développement et d’Europe de l’Est ainsi que des entreprises.

En 2020, son nom refait surface dans le contexte de l’affaire Gabriel Matzneff. L’écrivain s’était félicité dans des livres qu’un médecin prescrive en toute conscience la pilule à ses très jeunes partenaires. La même année, pendant la pandémie de Covid-19, elle signe l’appel de Philippe Douste-Blazy visant à élargir l’usage de l’hydroxychloroquine. L’inefficacité de ce médicament contre le Covid a ensuite été démontrée. Michèle Barzach avait épousé en 2003 le médecin Jacques Lebas, ancien président de Médecins du monde, décédé en 2019.

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