Société
Après Trappes, des centaines de personnes descendent dans la rue pour dire non à la haine
Lundi, à Lyon, Marseille et Paris, les hommages à la victime de l’attaque raciste de Trappes se sont multipliés, avec un même refus de voir la haine…

Mis à jour le 26 octobre à 20h51
Lundi, à Lyon, Marseille et Paris, les hommages à la victime de l’attaque raciste de Trappes se sont multipliés, avec un même refus de voir la haine devenir une opinion ordinaire. Des prises de parole, des pancartes et des slogans pour rappeler que ce drame parle du pays tout entier.
Ils étaient des centaines, réunis lundi en fin de journée devant des mairies, sur une place, au bord d’un port. À Lyon, Marseille et Paris, mais aussi dans d’autres villes, les rassemblements se sont enchaînés pour rendre hommage à la victime de l’attaque raciste survenue vendredi à Trappes, dans les Yvelines. Un homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, Français d’origine africaine, a été tué. Cinq autres personnes ont été grièvement blessées, dont au moins quatre portant des noms à consonance africaine ou maghrébine.
Devant l’hôtel de ville de Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet a pris la parole avant une minute de silence. « Celui qui tue est responsable de son crime, ceux qui banalisent la haine ne peuvent s’exonérer de la leur », a-t-il déclaré, refusant que la haine devienne une opinion comme une autre. Le racisme, a-t-il poursuivi, conduit des Français à se sentir étrangers chez eux. Et de s’adresser à tous ceux qui vivent avec cette peur, pour leur dire que leur place dans ce pays ne se discute pas.
Cette peur, Agnès Maemblé l’a racontée sans détour. La représentante du mouvement citoyen Lyon respirable-faisons PACTE a expliqué que, depuis le 23 octobre, elle prenait pour elle une dimension plus intime, celle d’être visée parce qu’elle est noire. Deux jeunes femmes l’entouraient, pancartes en main, avec un slogan court et net, la négrophobie tue. La foule a ensuite repris des refrains antifascistes et un « la jeunesse emmerde le Front national » sous une grande banderole affirmant que l’extrême droite tue.
À Marseille, l’hommage s’est tenu sur le Vieux-Port. Awa Kone, mère de famille de 39 ans, est venue avec ses enfants, persuadée que l’événement la touche personnellement, comme Noire, comme Arabe et surtout comme Française. Dans la foule, une voix s’est élevée sous les applaudissements pour pointer ceux qu’elle tient pour responsables, estimant que l’assassin avait été armé par des figures médiatiques et politiques. L’élu local LFI Imrane Trocmé a dénoncé de son côté la circulation continue de paroles racistes sur les chaînes d’information. Myriam Benahmed, militante antiraciste et décoloniale de 31 ans, a refusé de voir dans ce drame un tournant ou une exception, rappelant que ce n’est pas la première fois et que les personnes concernées n’en peuvent plus.
À Paris, plus d’un millier de personnes se sont massées dans le nord de la capitale, derrière des pancartes appelant à dire non à la haine de l’autre et oui à la démocratie. Le candidat social-démocrate à l’élection présidentielle Raphaël Glucksmann et le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure étaient présents. Paul Levy, 76 ans, membre du Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes, est venu dénoncer un assassinat raciste odieux et souligner l’importance de se mobiliser quand l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Dereck Zaté, 32 ans, assistant administratif, parle d’une actualité politique qui attise les tensions et d’un besoin de s’élever contre cela avant que d’autres cas similaires ne se produisent.
Kadiatou Coulibaly, conseillère de Paris et adjointe au maire du 18e arrondissement, a résumé l’enjeu à sa manière. Montrer aux personnes racisées qu’elles ne sont pas seules, et que si l’extrême droite accède au pouvoir, rien ne leur sera facilité.
Les faits, eux, restent lourds. Kévin T., 39 ans, est l’auteur présumé de l’attaque. Cet homme suit un traitement médical pour une schizophrénie, et ses analyses sanguines ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne, d’après le Parquet national antiterroriste.
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