Politique
Macron à Marseille reconnaît le raté du 17 octobre et promet de tenir la ligne
Le chef de l’État a admis sans détour que les autorités n’avaient pas vu venir les violences du 17 octobre. Il assure que les prochaines manifestations se…

Le chef de l’État a admis sans détour que les autorités n’avaient pas vu venir les violences du 17 octobre. Il assure que les prochaines manifestations se dérouleront en dehors des centres-villes.
Déplacement annoncé à la dernière minute, à Marseille. Emmanuel Macron s’est d’abord rendu à l’hôtel de ville pour constater les stigmates laissés neuf jours plus tôt par l’irruption de manifestants. Un « A » cerclé anarchiste tagué sur un mur, un buste de Marianne ébréché après avoir été renversé. L’élu marseillais de gauche Benoît Payan lui a servi de guide dans ce qu’il qualifie de « traumatisme ». Direction ensuite la préfecture, pour aller à la rencontre des commerçants touchés et des forces de l’ordre, remerciées « du fond du cœur ».
Le président n’a pas tenté d’enjoliver le bilan de cette journée. « On n’avait pas du tout anticipé ce qui s’est passé », a-t-il lâché, désignant deux phénomènes qu’il n’avait pas vus venir, la mobilisation de l’ultragauche et la délinquance venue s’y greffer. Il a aussi reconnu que les forces de police « n’étaient pas dûment proportionnées ». Un aveu nettement plus franc que lors de ses prises de parole précédentes, alors que les critiques pleuvaient, jusque dans son propre camp.
Pour la suite, il veut croire que la méthode employée a porté ses fruits. Selon lui, l’ordre a été tenu et le droit de manifester préservé le week-end dernier, malgré une petite centaine de commerces impactés. Les prochains cortèges, dont un est annoncé samedi et un autre le jeudi 5 novembre, devront cette fois se tenir hors des centres-villes, comme ce fut le cas à Paris et dans plusieurs métropoles. « On sait que samedi prochain est encore un samedi à risque », a-t-il prévenu. L’état d’urgence, réclamé notamment à droite, n’est pas au programme, même s’il ne s’interdit rien.
Reste la question de fond, comment sortir de la crise. À six mois de la présidentielle, le chef de l’État s’agace de voir le pays dans cet « état d’ébullition », parti d’un mouvement lycéen il y a plus d’un mois et élargi depuis au pouvoir d’achat et aux services publics. Il concède « à coup sûr » un problème de tempo dans la réponse gouvernementale aux jeunes. Le chef du gouvernement reçoit justement à Matignon les représentants des lycéens et des étudiants, et l’hypothèse d’une refonte de Parcoursup est clairement sur la table. Emmanuel Macron pointe enfin les réseaux sociaux, accusés d' »abîmer nos démocraties » et d’avoir servi à rameuter du monde vers les lieux d’attaque et de pillage.
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