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Flavio Bolsonaro quitte le Brésil et laisse ses ambitions présidentielles derrière lui

Flavio Bolsonaro avait promis de prendre la suite de son père et de diriger le Brésil. Battu par Lula, il a quitté le pays pour les États-Unis alors que…

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Flavio Bolsonaro quitte le Brésil et laisse ses ambitions présidentielles derrière lui

Flavio Bolsonaro avait promis de prendre la suite de son père et de diriger le Brésil. Battu par Lula, il a quitté le pays pour les États-Unis alors que la justice multiplie les enquêtes contre lui.

Longtemps, Flavio Bolsonaro a parlé comme un candidat déjà installé au pouvoir. Le sénateur conservateur de 45 ans se voyait vainqueur, prêt à marcher dans les pas de Jair Bolsonaro, son père et ancien dirigeant d’extrême droite. La suite a pris un autre tour. Battu par le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva, il a vu ses ambitions se briser. Flavio avait pourtant devancé Lula au premier tour. Mais la gauche a réussi un retour spectaculaire et Lula a décroché un quatrième mandat inédit avec 52 % des voix contre 48 % pour son rival.

Après l’annonce des résultats, Flavio Bolsonaro n’a pas baissé les bras tout de suite. Visage fermé, il a dénoncé une « magouille », refusé de reconnaître sa défaite et promis de saisir la justice pour faire annuler le scrutin. « Je ne laisserai pas tomber mon Brésil », a-t-il lancé. Puis le ton a changé. Il a pris la direction des États-Unis avec sa famille, près de Miami, alors qu’une interdiction judiciaire pesait sur lui et que plusieurs enquêtes avaient été ouvertes. Le sénateur, qui avait juré de ne jamais quitter son pays, est désormais loin de chez lui.

Son nom pèse lourd dans cette campagne. Flavio Bolsonaro était peu connu sur la scène nationale quand son père, empêché de se présenter, l’a propulsé dans la course présidentielle. Jair Bolsonaro purge une peine de 27 ans de prison en résidence surveillée pour tentative de coup d’État. Il est accusé d’avoir voulu s’accrocher au pouvoir après sa défaite de 2022 face à Lula. Le fils ressemble beaucoup au père. Il se montre toutefois plus mesuré, avec des manières plus affables que Jair, coutumier des sorties misogynes ou homophobes. Mais il rappelle sans cesse l’héritage familial. « J’ai le sang d’un Bolsonaro dans les veines », dit-il. Son père reste sa « boussole ». Flavio l’a même convoqué sous forme de deepfake au lancement de sa campagne. Sa première décision de président devait être de gracier son père.

Sur le terrain, Flavio Bolsonaro a cultivé un style décontracté. Il dansait sur du funk, la musique des favelas, avec de jeunes influenceurs de droite. Il a aussi assumé une ligne dure face à la criminalité, à la manière du Salvadorien Nayib Bukele, et promis de tailler dans les dépenses publiques à « coups de ciseaux ». Ses positions les plus radicales apparaissent dans une biographie qu’il a consacrée à son père en 2017. Il y défend le coup d’État de 1964 comme une intervention nécessaire pour empêcher une prise de pouvoir communiste. Il décrit le régime militaire, en vigueur jusqu’en 1985, comme une « période que certains aiment appeler dictature ».

Né dans l’État de Rio de Janeiro, Flavio Bolsonaro est l’aîné d’une fratrie de cinq enfants. Marié à Fernanda, une dentiste avec laquelle il a eu deux filles, cet évangélique cultive une image de père de famille dévoué. Avocat de formation, il a fait ses débuts en politique à 21 ans comme député de l’État de Rio. Son image reste toutefois ternie. Ses détracteurs l’accusent de liens avec les milices de Rio, des groupes paramilitaires qui contrôlent des quartiers populaires. Il dément. Il avait aussi été accusé d’avoir prélevé une partie des salaires de ses assistants parlementaires dans le cadre d’un système de rétrocommissions. L’affaire a été classée sans suite. L’accusation la plus grave a surgi pendant la campagne, avec la révélation d’une enquête pour corruption et blanchiment d’argent liée au financement d’un film sur son père. Sa candidature a tangué, sans finalement stopper son ascension. La mobilisation de la gauche après le premier tour, surtout celle de la jeunesse dans la rue et sur les réseaux sociaux, sous le mot d’ordre « Plus jamais Bolsonaro », a fini par avoir raison de ses ambitions. Flavio Bolsonaro est désormais loin de « son » Brésil.

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