Société
Paris ferme le centre-ville aux cortèges contre la vie chère
La préfecture de police a interdit les parcours de la CGT et des gilets jaunes dans Paris pour la manifestation de samedi contre la vie chère. Les deux…

La préfecture de police a interdit les parcours de la CGT et des gilets jaunes dans Paris pour la manifestation de samedi contre la vie chère. Les deux cortèges devront fusionner en périphérie, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, et un couvre-feu est instauré près de République et des Halles.
Les organisateurs espéraient descendre dans le cœur de la capitale. Ce sera finalement en lisière. Vendredi, la préfecture de police a refusé les deux itinéraires déposés pour la mobilisation de samedi 5 novembre, journée d’action contre la vie chère. Les défilés restent autorisés, mais à l’extérieur des boulevards, sur un trajet unique allant de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton.
La CGT avait demandé à partir de la place de la Bastille pour rejoindre la place de la Nation, en passant par la rue de Lyon, l’avenue Daumesnil et le boulevard de Picpus. Les gilets jaunes, eux, avaient déclaré un parcours entre la Bastille et la place de la Concorde, juste devant l’Assemblée nationale. Deux tracés qui traversent des quartiers où se concentrent, d’après l’arrêté préfectoral, commissariats de police, agences bancaires, commerces et enseignes de restauration rapide. Autant d’éléments qui rendent ces itinéraires incompatibles avec les impératifs de l’ordre public.
Dans un contexte social décrit comme extrêmement tendu, la préfecture affirme avoir voulu préserver la liberté de manifester tout en prévenant les débordements et les exactions. D’où la convergence forcée des deux cortèges en un seul rassemblement. Le rendez-vous est fixé de midi à 18 heures, avec un départ à 14 heures sur les boulevards des Maréchaux.
Chez les organisations, la décision passe très mal. Clara Privé, trésorière de l’Unef, a dénoncé en conférence de presse un parcours qui change sans cesse, résumant la situation par un « la préfecture nous balade de parcours en parcours ». Elle y voit une volonté de museler la parole de la jeunesse et annonce que les étudiants marcheront sur Bastille-Nation malgré l’interdiction. Un représentant de l’Union étudiante a parlé d’une répression administrative insupportable, avant de prévenir que la rue resterait le terrain de la mobilisation ce samedi.
La Fage ne compte pas en rester là. Sa présidente, Suzanne Nijdam, a annoncé des recours déposés dès vendredi, par la voie de référés libertés, contre une décision qui met selon elle la sécurité en danger. Reste la question du parcours imposé. Sur ce point, elle renvoie à un choix commun aux syndicats, avec l’envie de rester unis dans un moment qu’elle juge très grave.
La préfecture a ajouté une seconde mesure, un couvre-feu dans les secteurs de la place de la République et de Châtelet-Les Halles. Il courra de 23 heures à 6 heures, dans la nuit de samedi à dimanche puis dans celle de dimanche à lundi. Le texte invoque la manifestation, la soirée d’Halloween et l’existence de troubles à l’ordre public dans certains quartiers de la capitale pour justifier ces restrictions.
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