Faits Divers
Karim Harrat nie être le commanditaire d’un triple meurtre lié au trafic
L’ancien baron de la drogue marseillais comparaît à Aix-en-Provence pour un triple assassinat survenu en décembre 2020. Il rejette les messages cryptés…

L’ancien baron de la drogue marseillais comparaît à Aix-en-Provence pour un triple assassinat survenu en décembre 2020. Il rejette les messages cryptés qui, pour les enquêteurs, renvoient à son surnom et à son rôle de commanditaire.
Karim Harrat, 38 ans, est jugé devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence pour un triple assassinat commis en décembre 2020. Les victimes, liées au commerce de drogue, avaient été retrouvées calcinées. L’une d’elles était le frère aîné du militant marseillais anti-trafic Amine Kessaci. L’accusation décrit Karim Harrat comme celui qui aurait commandé et payé ce triple meurtre. Il rejette toute implication.
Au centre des débats, des messages retrouvés sur Sky ECC, une messagerie cryptée très utilisée dans le narcotrafic. Une conversation parle d’un « véhicule plein de sang », d’un corps que l’on semble vouloir « enterrer » avant de se raviser avec un « non je vais le brûler ». Une enquêtrice soutient que la teneur de ces propos désigne quelqu’un de très proche de Karim Harrat, qui suit ses instructions. La défense attaque la crédibilité de ces échanges. Me Karim Morand-Lahouazi demande quelles certitudes permettent d’affirmer que son client était derrière le téléphone les 29 et 30 décembre. Une major de police répond que sa certitude tient au pseudonyme.
Ce pseudonyme, « Le Rant 2 », renvoie au « Rant », surnom prêté à Karim Harrat dans le milieu d’après les enquêteurs. L’intéressé le conteste. Il assure que ce nom lui a été attribué alors qu’il était encore au bas de l’échelle du narcobanditisme, sous la forme de « Rantanplan », le chien de Lucky Luke. « Jamais, madame », lance l’accusé. Il dénonce ensuite « un acharnement » contre lui et se fait reprendre par le président de la cour.
Son parcours judiciaire pèse sur l’audience. Karim Harrat a déjà été condamné à dix ans de prison pour avoir été le « donneur d’ordres principal » d’un réseau de stupéfiants piloté depuis l’étranger. Il a aussi écopé de vingt-cinq ans pour un double assassinat commis en 2019. Dans les deux affaires, il a fait appel. Pour ce triple meurtre, il comparaît aux côtés de quatre co-accusés, dont Amine Oualane, présenté comme un dirigeant de la DZ mafia.
Le calendrier du procès, ouvert le 19 octobre, a été bousculé. Les audiences et des mobilisations sociales ont entraîné le report de plusieurs demi-journées, pour permettre le redéploiement des effectifs de sécurité. Le verdict était d’abord attendu le 6 novembre. Il pourrait glisser jusqu’au 13 novembre.
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