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Zhang Shengmin, le général invisible qui a purgé l’armée chinoise, entre au Politburo

Pendant près de dix ans, il a traqué la corruption dans les rangs militaires sans jamais élever la voix en public. Sa promotion surprise au Politburo…

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Zhang Shengmin, le général invisible qui a purgé l'armée chinoise, entre au Politburo

Pendant près de dix ans, il a traqué la corruption dans les rangs militaires sans jamais élever la voix en public. Sa promotion surprise au Politburo, jeudi, récompense un travail mené dans l’ombre de Xi Jinping.

C’est une consécration pour cet homme de 68 ans. Né dans une province modeste, entré dans l’armée à 19 ans, en 1978, à l’instant où la Chine refermait la page de la Révolution culturelle et s’ouvrait au monde, Zhang Shengmin vient d’accéder au Politburo, l’instance d’une vingtaine de responsables qui dirigent le pays. La nouvelle, tombée jeudi à l’issue d’une grande réunion du Parti communiste, a de quoi surprendre. Les promotions à ce niveau arrivent d’ordinaire tous les cinq ans, à l’occasion des congrès du Parti. La dernière nomination en cours de mandat remontait à 1994.

Le personnage reste pourtant difficile à cerner. On le croise régulièrement aux journaux télévisés, uniforme vert foncé impeccable, mais personne n’a jamais entendu sa voix en public. Vice-président de la Commission militaire centrale, l’organe qui pilote l’armée, il a dirigé de 2017 à juillet 2026 la commission de contrôle de la discipline. Autrement dit, il avait la charge de la lutte anticorruption dans les forces armées. Un poste stratégique, car les dérives y touchent les promotions de carrière, les contrats d’équipement et la gestion des budgets, au point d’entraver le fonctionnement et la modernisation de l’institution militaire.

Le bilan est là. Depuis 2023, au début du troisième mandat de Xi Jinping, un nombre inédit de hauts gradés ont été écartés. Deux anciens ministres de la Défense, Wei Fenghe et son successeur immédiat Li Shangfu, sont tombés en 2023 et 2024. Plus récemment, Zhang Youxia, longtemps le général le plus puissant du pays et premier vice-président de la Commission militaire centrale, a lui aussi été rattrapé par la corruption cette année. « Son bilan parle de lui-même, car il ne reste aujourd’hui qu’une poignée de généraux trois étoiles encore en fonction », résume James Char, spécialiste de l’armée chinoise à l’Université technologique de Nanyang, à Singapour.

Pour ce chercheur, ces années passées à assainir les forces armées laissent penser que Zhang Shengmin jouit de la confiance de son commandant en chef. Steve Tsang, directeur de l’institut SOAS China à l’Université de Londres, va plus loin. Ce qui distingue le général, selon lui, c’est « sa loyauté politique envers le Comité central du Parti (autrement dit Xi Jinping) plutôt que son professionnalisme militaire ».

La discrétion, chez lui, tient de la méthode. À l’image des autres dirigeants chinois, il cultive l’effacement. Son parcours ne mentionne ni études ni séjour à l’étranger, et on ne lui connaît aucune passion particulière. Officier d’artillerie de formation, il garde ses distances avec les projecteurs. Lors du gala militaire du Nouvel An chinois, début 2026, alors que Xi Jinping serrait des mains, il se tenait plusieurs mètres en retrait. « Depuis l’éviction de plusieurs membres de la CMC, il se fait volontairement discret lors des événements officiels », souligne James Char.

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