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Washington garde un dernier site nucléaire iranien dans son collimateur

Donald Trump assure que l’essentiel du programme nucléaire iranien a été détruit, mais il reste selon lui une cible ou deux à traiter. Téhéran promet une…

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Washington garde un dernier site nucléaire iranien dans son collimateur

Donald Trump assure que l’essentiel du programme nucléaire iranien a été détruit, mais il reste selon lui une cible ou deux à traiter. Téhéran promet une réponse immédiate et sans limites géographiques à toute nouvelle frappe.

Le président américain a profité d’un échange avec des journalistes dans sa résidence floridienne, samedi, pour dresser un bilan très offensif de la campagne menée contre l’Iran. À l’en croire, les bombardements ont déjà réduit à peu de chose une bonne partie des capacités nucléaires du pays. Il reste pourtant du travail. Un ou deux sites, pas davantage, qu’il suffirait de neutraliser en une dizaine de minutes. Trump a cité nommément le mont Kolang, que les anglophones appellent Pickaxe Mountain, à 200 kilomètres au sud de Téhéran, non loin du complexe nucléaire de Natanz. « Il faut s’en occuper », a-t-il lancé, avant de rappeler que tout cela pouvait être réglé très vite.

Pour saisir l’engrenage, il faut remonter au 28 février. Ce jour-là, les États-Unis et Israël lancent des frappes conjointes sur le sol iranien. La riposte ne tarde pas et vise notamment les pays du Golfe alliés de Washington. Près de quarante jours de bombardements intenses s’ensuivent, jusqu’à un cessez-le-feu en avril. Deux mois plus tard, en juin, un protocole d’accord doit sceller la fin définitive du conflit. L’accalmie n’a pas tenu. Dès cet été, l’entente a volé en éclats autour d’un point de passage qui concentre toutes les tensions, le détroit d’Ormuz.

Ce couloir maritime, par où transite une large part des hydrocarbures mondiaux, l’Iran revendique le contrôler. Et il le fait savoir. Les navires qui s’y aventurent sans son autorisation sont régulièrement pris pour cible. Samedi encore, un pétrolier a pris feu après avoir heurté des mines, d’après l’armée, tandis que Washington affirme avoir largement déminé la zone.

À Téhéran, la menace est montée d’un cran. Le guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, resté invisible depuis sa nomination début mars, a fait diffuser un communiqué. Il y prévient que toute nouvelle attaque militaire ou terroriste déclencherait une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique. Le moment et les conditions de la fin des hostilités appartiendraient alors aux forces armées iraniennes et au peuple iranien, souligne-t-il. Il a aussi demandé aux responsables militaires d’actualiser leur liste de cibles, en y intégrant tous les actifs matériels et immatériels de « l’ennemi américano-sioniste ». Les centres de données, les systèmes d’intelligence artificielle et les câbles sous-marins du détroit figurent déjà parmi les objectifs évoqués.

À Washington, le discours n’est pas parfaitement aligné. Le secrétaire d’État Marco Rubio, présent à Atlanta pour le G20, a assuré que rien n’était décidé, tout en affirmant privilégier une sortie diplomatique. Une médiation qatarie est en cours. Côté iranien, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi ne voit pas l’utilité d’une rencontre avec les Américains. Il pose une condition limpide. Si Washington accepte les exigences de Téhéran, alors seulement la République islamique tranchera entre discussions directes ou indirectes. En Israël, Benyamin Netanyahu parle d’une « opportunité historique unique » offerte par le président américain pour éliminer définitivement ce qu’il nomme la menace existentielle iranienne.

D’après des informations de presse, une campagne militaire courte et intense pourrait suivre les élections de mi-mandat prévues mardi aux États-Unis. Dans les rues de Téhéran, la perspective d’une reprise des combats d’ampleur occupe les esprits. Farima, 62 ans, résume le sentiment ambiant. « Malheureusement nous sommes un peuple qui, d’une certaine manière, attend la guerre, tout simplement parce que nous vivons dans l’entre-deux depuis un an. » Ebrahim, vendeur quadragénaire, hausse les épaules. « Nous ne craignons pas une autre guerre, cela fait 48 ans que nous sommes en guerre », dit-il, en référence à l’arrivée au pouvoir de la République islamique en 1979.

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