Monde
Zambie, le prix des voix dissidentes après la réélection de Hichilema
Des opposants arrêtés, des avocats et des journalistes menacés, des disparitions forcées dénoncées. Depuis le scrutin d’août, la Zambie fait face à des…

Des opposants arrêtés, des avocats et des journalistes menacés, des disparitions forcées dénoncées. Depuis le scrutin d’août, la Zambie fait face à des accusations de répression politique, avec l’arrestation du chef de l’opposition Brian Mundubile comme point de tension.
Une organisation internationale de défense des droits humains accuse les autorités zambiennes de museler l’opposition depuis les élections générales d’août. Le président Hakainde Hichilema a remporté un second mandat sans difficulté le 13 août, lors d’un vote entaché d’intimidation et d’une suspension du dépouillement. Dans les jours qui ont suivi, les forces de sécurité ont fait irruption au domicile du chef de l’opposition Brian Mundubile et ont interpellé onze personnes. Un ancien ministre a été tué par balle.
Brian Mundubile a été arrêté le 27 août avec son colistier. Les deux hommes sont poursuivis pour trahison et pratiques séditieuses. On leur reproche d’avoir voulu provoquer le mécontentement ou la défiance en affirmant sur les réseaux sociaux que l’opposition avait gagné. L’organisation de défense des droits humains réclame une enquête indépendante sur la descente policière à son domicile. Elle s’appuie sur des entretiens avec des détenus, leurs proches et leurs avocats.
Le tableau dressé est lourd. Police et armée sont mises en cause pour des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des coups et des menaces contre des membres de l’opposition, leurs partisans, des avocats, des journalistes et des critiques du pouvoir. Ces faits auraient eu lieu avant et après les élections. Des allégations d’agression et de torture, dont une noyade, sont aussi évoquées. Le gouvernement n’a pas rendu public le nombre de personnes détenues.
Parmi les arrestations figurent des observateurs électoraux liés à l’opposition et des musiciens qui s’étaient produits lors d’un meeting opposé au pouvoir. Le 11 septembre, six détracteurs du gouvernement se trouvant à l’étranger ont vu leurs passeports annulés. Le 28 septembre, l’archevêque catholique de Lusaka, soutien affiché de Brian Mundubile, a été arrêté. Ces épisodes nourrissent les critiques sur le respect des libertés politiques dans ce pays d’Afrique australe riche en cuivre.
L’organisation appelle à libérer les personnes détenues arbitrairement, à garantir l’accès des avocats aux prisonniers et à leur fournir des soins médicaux. Elle demande aussi que les forces de sécurité répondent de leurs abus. Sa directrice adjointe pour l’Afrique, Ashwanee Budoo-Scholtz, exhorte le gouvernement à mettre fin à ce cycle de répression. Le pouvoir rejette les accusations. Son premier mandat avait déjà été critiqué par des partis d’opposition et des organisations de la société civile, qui l’accusaient de restreindre la dissidence.
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