Faits Divers
Sous une couverture bleue, le corps d’une fillette de 4 ans refait surface au procès de ses parents
Un employé de Cofiroute fauchait les fossés de l’A10 quand il est tombé sur un corps d’enfant, en août 1987. Plus de trente ans plus tard, les parents…

Un employé de Cofiroute fauchait les fossés de l’A10 quand il est tombé sur un corps d’enfant, en août 1987. Plus de trente ans plus tard, les parents d’Inass Touloub comparaissent à Blois pour répondre de sa mort.
Frédéric Laujon avait 21 ans et un travail de saisonnier pour Cofiroute. Ce 11 août 1987, il fauche les fossés en bordure de l’autoroute A10 quand son regard accroche une couverture bleue, de l’autre côté des glissières de sécurité. Il s’approche. Sous le tissu, un enfant. Le visage est tuméfié, les yeux fermés. « On voyait qu’elle était décédée. J’ai été pris de panique », raconte cet homme devenu enseignant, venu déposer au deuxième jour du procès. Il court vers son collègue et lui lance « Viens vite, c’est pas une poupée ».
Les gendarmes arrivent sur place en une dizaine de minutes. Parmi eux, Francis Fourcroy, alors jeune chef de la section de recherches d’Orléans. Les souvenirs sont lointains, mais une image reste intacte. « C’était la première fois que je découvrais un petit enfant si martyrisé. » Le corps de la fillette de 4 ans porte des brûlures, des cicatrices et plusieurs morsures humaines. « C’était traumatisant de voir un petit bébé comme ça, c’est la seule fois que j’ai vu un enfant dans cet état », souffle-t-il devant la cour.
La cour d’assises du Loir-et-Cher juge celle qui est désignée comme la mère, Halima El Bakhti, 72 ans, pour torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. À ses côtés, le père, Ahmed Touloub, 74 ans, comparaît pour complicité. Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Dans la salle, des photographies du corps retrouvé dans le fossé sont projetées. Les accusés gardent la tête baissée, sans réaction apparente. Interrogée, Halima El Bakhti confirme avec difficulté avoir dit à l’époque « c’est pas possible, ça peut pas être ma fille », sans commenter davantage les clichés. Questionnée sur sa situation actuelle, après avoir évoqué sa détention provisoire, elle lâche « c’est très dur » et fond en larmes. L’audience est alors suspendue.
Les deux parents ont été identifiés et interpellés en 2018, plus de trente ans après les faits. Le dossier compte parmi les plus anciens cold cases français élucidés grâce à l’ADN.
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