Économie
SFR dans la rue pour peser sur son avenir
Des centaines de salariés de SFR et d’Altice France se sont rassemblés devant le siège du groupe pour réclamer des garanties sur leur reprise. Les…

Des centaines de salariés de SFR et d’Altice France se sont rassemblés devant le siège du groupe pour réclamer des garanties sur leur reprise. Les syndicats jugent la première proposition écrite du consortium d’acheteurs encore insuffisante.
Le message est simple et il s’affiche sur les tee-shirts. « SFR c’est nous », peut-on lire sur plusieurs dos, devant le siège d’Altice France, dans le sud-ouest parisien. Des centaines de salariés de l’opérateur et de ses filiales se sont retrouvés là pour faire entendre une inquiétude très concrète. La vente de SFR à ses concurrents approche, et eux veulent savoir ce qu’elle va changer pour leur emploi.
Le mouvement ne s’arrête pas à une poignée de manifestants. Le syndicat Unsa compte environ 6 500 salariés du groupe en grève. L’intersyndicale Unsa, CFDT et CFTC a appelé tous les salariés de l’opérateur, des boutiques et des filiales techniques ATS à cesser le travail sur toute la journée. Un premier arrêt de travail, plus court, avait déjà eu lieu. Cette fois, les organisations veulent peser sur les discussions autour de la reprise.
Leur demande principale tient en une formule. Une vraie politique de reclassement, avec trois postes proposés à chaque salarié. Abdelkader Choukrane, secrétaire général de l’Unsa et délégué syndical central de SFR, en fait le cœur des revendications. Derrière, il y a aussi la question des indemnités de départ. Les syndicats veulent les voir augmenter pour ceux qui quitteraient l’entreprise.
Le cadre est désormais connu. Altice France a signé un protocole d’accord avec Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange pour une vente à 20,35 milliards d’euros. Les syndicats ont discuté avec le consortium des trois acheteurs. Une première proposition écrite est arrivée, reprenant des points abordés lors des réunions précédentes. Elle ne passe pas. Les représentants du personnel réclament toujours trois propositions de reprise par salarié et des indemnités plus élevées.
Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT, ne cache pas sa déception. Il estime que le texte n’est pas au niveau de trois entreprises capables de mettre davantage de moyens. Les élus interpellent aussi la direction d’Altice France sur les filiales techniques, laissées hors du périmètre de vente. Ils demandent l’ouverture de négociations sur leur avenir. Des salariés de ces structures étaient présents au rassemblement.
Sendé, salariée depuis 12 ans dans l’une de ces filiales, veut une réponse nette. Elle aimerait savoir si un emploi l’attendra réellement au bout du compte. Comme Laure, 15 ans chez SFR, elle dit ne pas disposer d’informations précises sur la suite. Les deux femmes n’ont pas souhaité donner leur nom. Leur présence devant le siège résume la tension d’une vente qui se joue aussi sur le terrain social.
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