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Limoges, la défense dénonce un dossier vide et des pressions politiques

Deux hommes mis en examen après l’incendie de la mairie de Limoges contestent leur détention et demandent l’annulation de la procédure. Leurs avocats…

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Limoges, la défense dénonce un dossier vide et des pressions politiques

Deux hommes mis en examen après l’incendie de la mairie de Limoges contestent leur détention et demandent l’annulation de la procédure. Leurs avocats dénoncent des preuves fragiles et une pression politique autour d’un dossier devenu symbole des violences qui ont entouré l’incendie.

Devant la cour d’appel de Limoges, l’atmosphère a viré au soutien militant. Les deux mis en examen, âgés de 34 et 66 ans, ont demandé l’annulation de leur mise en examen et la levée de leur détention provisoire. À leur arrivée sous escorte, ils ont été longuement applaudis, des sympathisants levant le poing. La décision reste attendue.

L’affaire remonte à l’incendie criminel de l’hôtel de ville de Limoges, provoqué lors d’une intrusion en marge d’une mobilisation nationale. La toiture et le beffroi se sont effondrés. Le suspect de 34 ans, présenté comme le meneur le plus actif et acharné, est notamment mis en examen pour tentative d’homicide sur policier et destruction de la mairie. Sa défense assure que les preuves reposent surtout sur une vidéo qui ne permet pas de le reconnaître. Elle dénonce aussi une pression de l’opinion et du pouvoir exécutif pour retenir des qualifications juridiques qu’elle juge délirantes, comme la tentative de meurtre.

Le dossier a très vite dépassé le cadre judiciaire. Le maire de Limoges a mis en cause « l’ultra gauche anarchiste », en pointant des lieux de vie repliés sur le plateau de Millevaches, territoire rural entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne. Un candidat à la présidentielle a même affirmé que cette région abritait des « camps d’entraînement terroristes » d’ultragauche. Devant la cour, une banderole a résumé la tension avec ce slogan « L’incendiaire, c’est le gouvernement, nous sommes tous des camps d’entraînement ».

Le parquet ne veut pas relâcher le trentenaire. Il a fait valoir qu’il se débarrasse aussitôt de son téléphone quand les policiers approchent et qu’un renouvellement des faits est à craindre. La défense réplique que le dossier est « assez vide ». Elle ironise sur la portée des violences en rappelant que « la victime, ce sont des murs » et dénonce une procédure absorbée par la sphère politique. Pour le sexagénaire, son avocat dénonce aussi des pressions politiques exercées par le maire de Limoges.

Le mis en examen de 66 ans explique sa présence dans l’enquête par un « affreux concours de circonstances ». Il a appelé le premier suspect juste avant l’incendie. La vidéosurveillance d’une enseigne de restauration rapide le montre peu après en train de commander une boisson. Il raconte avoir aidé le père du trentenaire, confronté à un problème de batterie, puis avoir appelé le fils parce que le père n’avait pas de téléphone. Les deux hommes ont quitté la salle sous les applaudissements, poings levés.

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