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Édouard Philippe relance sa campagne en visant la droite et essuie une vague de critiques

Édouard Philippe veut repartir à l’offensive en ciblant d’abord l’électorat de droite, mais ses propos sur les violences depuis le 17 octobre lui valent…

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Édouard Philippe relance sa campagne en visant la droite et essuie une vague de critiques

Édouard Philippe veut repartir à l’offensive en ciblant d’abord l’électorat de droite, mais ses propos sur les violences depuis le 17 octobre lui valent de vives réactions à gauche et au-delà. En baisse dans les sondages et confronté à David Lisnard, il tente de relancer une campagne devenue fragile.

Édouard Philippe refuse la primaire prônée, mais il doit surtout remettre sa campagne en mouvement. Les sondages le montrent toujours en tête parmi les candidats du camp présidentiel. Pourtant, il recule nettement, au point d’être donné éliminé dès le premier tour au profit de Jean-Luc Mélenchon. Son objectif est désormais de parler d’abord à la droite, dans un contexte de fin de cycle macroniste et d’émergence de David Lisnard.

Ses propos sur les violences ont déclenché une salve de critiques. En jugeant patente la sur-représentation de jeunes issus de l’immigration dans les violences autour des manifestations depuis le 17 octobre, il s’est attiré une volée de réactions à gauche et au-delà. Olivier Faure parle d’une dérive dans les eaux noires de l’extrême-droite. Jean-Luc Mélenchon dénonce des calomnies racistes. Dominique de Villepin estime que le candidat utilise ces violences pour mettre au ban l’ensemble des immigrés du pays. Ses soutiens ont riposté, notamment Maud Bregeon et Gérald Darmanin.

Les équipes d’Horizons mettent en avant un chiffre tiré d’articles de presse sur les premières comparutions immédiates après le 17 octobre. 75 % des personnes déférées portaient un prénom arabo-musulman ou d’origine africaine. Jérôme Guedj y voit un choix très droitier, celui d’aller braconner sur les terres du Rassemblement national et d’employer ses mots. L’élu socialiste reconnaît toutefois un échec de l’intégration dans le pays.

La chute dans les enquêtes d’opinion a plusieurs explications. Un cadre de la campagne d’Horizons attribuait cette baisse à la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate. Un parlementaire Horizons préfère pointer la combinaison du 17 octobre et de David Lisnard, qui intervient au plus mauvais moment. Après l’allocution d’Emmanuel Macron sur les violences, Édouard Philippe a dénoncé un pays qui n’est plus commandé, un reproche qui rappelle son appel à une démission anticipée du chef de l’État.

Pour ce parlementaire, le 17 octobre fait mal parce que les gens considèrent le camp présidentiel co-responsable de ce qui se passe. Ils englobent dans cette responsabilité le macronisme au sens large, Édouard Philippe compris. Il déplore aussi que le candidat, comme les autres du camp présidentiel, soit absolument inaudible sur ses propositions. Lors d’une intervention télévisée, Édouard Philippe a tenté de renvoyer la responsabilité à Gabriel Attal, présenté comme le continuateur du macronisme. Côté Renaissance, on rétorque que les Français ne sont pas idiots et qu’Édouard Philippe a été l’instigateur du macronisme, Premier ministre pendant trois ans, de 2017 à 2020.

David Lisnard complique encore l’équation. Le président de Nouvelle Énergie émerge sur la droite et devance même Bruno Retailleau dans certains sondages récents. Un soutien de Philippe reconnaît que Lisnard nous bouffe de l’électorat, tout en jugeant le phénomène passager. La présence du maire de Cannes bouscule les plans d’un candidat qui ne voulait pas faire de mal à Retailleau, alors que les ralliements souvent annoncés de figures LR n’ont pas eu lieu, comme le remarque un cadre de ce parti.

Reste le risque de délaisser le centre. Une députée Renaissance doute qu’on rattrape les 30 % qui partent chez Glucksmann en répétant toute la journée qu’il est un homme de droite. Un proche résume la situation par une grande angoisse d’être juppéisé. Édouard Philippe a voulu blinder sa droite, en pensant que les ralliements LR seraient nombreux et qu’il pourrait se retirer avant de revenir vers le centre. La première étape ne marche pas vraiment et le candidat n’a rien fait pour attirer le centre.

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