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Il voulait tuer des musulmans et des Africains, il est écroué pour assassinat

Un homme de 39 ans a reconnu avoir choisi délibérément ses victimes parce qu’elles étaient musulmanes, africaines ou nord-africaines. Il a été mis en…

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Il voulait tuer des musulmans et des Africains, il est écroué pour assassinat

Un homme de 39 ans a reconnu avoir choisi délibérément ses victimes parce qu’elles étaient musulmanes, africaines ou nord-africaines. Il a été mis en examen à Paris pour assassinat et tentatives d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste, puis placé en détention.

Kévin T. a passé la matinée de jeudi au tribunal de Paris. Après une comparution à huis clos devant un juge des libertés et de la détention, cet homme de 39 ans a été mis en examen et écroué, conformément aux demandes du parquet national antiterroriste. Les chefs retenus sont lourds. Assassinat. Tentatives d’assassinats. Le tout « en relation avec une entreprise terroriste », avec cette précision qui change le sens du dossier, les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion.

Car le suspect ne s’en cache pas. Devant les magistrats, il a admis avoir « spécifiquement ciblé » des personnes « de type musulman ou africain ou nord-africain ». Il a même expliqué avoir jeté son dévolu sur Trappes, qu’il considérait comme un « repaire d’islamistes ». Une seule chose, il refuse. L’intention terroriste. À ses yeux, son geste était légitime. Ses avocats, Mes Baptiste Bellet et Eliott Amzallag, préviennent que l’information judiciaire « va être longue car la gravité des faits l’exige », avant d’ajouter que leur client « entend répondre à l’ensemble des questions qui lui seront posées ».

La perquisition de son domicile à Plaisir a livré un inventaire qui donne la mesure du personnage. L’appartement était piégé. À l’intérieur, les enquêteurs ont retrouvé des armes ou des pièces d’armes, dont un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux. Il y avait aussi des livres, un exemplaire de « Mein Kampf » d’Adolf Hitler, un Coran et une Bible. Et puis des centaines d’autocollants. Trente portant la mention « Vive la France, RN, fier d’être français ». Quatre-vingt-dix-neuf avec « 100% français/vive la France ». Quatre-vingt-dix-huit affirmant « Soutien aux forces de l’ordre ». Kévin T. a raconté les avoir dessinés lui-même, puis commandés sur Amazon il y a plus d’un an.

Le procureur antiterroriste Olivier Christen a décrit une « très grande préparation de l’action criminelle ». Dès septembre, l’homme s’était procuré plusieurs éléments destinés à renforcer l’efficacité tactique d’un pistolet mitrailleur Sten, ainsi qu’un brassard de police et des menottes. Interrogé sur des photos de lui prises en 2018 sur un site propalestinien ou sur sa présence à des réunions « Stop Pub », il a assuré avoir un temps « infiltré les gauchistes ». Son parcours personnel est tout aussi chargé. Quatre condamnations, la dernière en 2012. Une forte consommation de stupéfiants depuis ses 13 ans. Des problèmes psychologiques. Les analyses ont montré la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang au moment de l’attaque, mêlés à des molécules compatibles avec des antipsychotiques et des antidépresseurs. Un médecin a toutefois douché la piste de la schizophrénie, qualifiant ce diagnostic d’« interprétation de l’intéressé » plutôt que de conclusion médicale.

Les faits, eux, sont établis. À bord de sa voiture, cet homme inconnu des services de renseignement a abattu Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans originaire de la République démocratique du Congo, et blessé sept personnes à Trappes et à La Verrière, dont plusieurs d’origine africaine ou maghrébine. Trois jours plus tôt, il avait été filmé en train de se battre avec un homme noir dans une station-service où il travaillait comme prestataire. Il avait été interpellé ce jour-là pour avoir frappé un automobiliste à Levallois-Perret, puis entendu en audition libre pour violences volontaires. L’attentat a depuis enflammé le débat politique, et plusieurs rassemblements ont réclamé la fin de « la banalisation de la haine raciste ». Pour Yassine Bouzrou, avocat de cinq parties civiles dont un blessé dans un état critique, le dossier pose deux questions auxquelles l’instruction devra répondre. Comment un individu aussi dangereux a-t-il pu tout préparer sans jamais être repéré ? Et où a-t-il trouvé cet arsenal ? Romain Ruiz, qui défend un homme touché aux jambes, va plus loin. Selon lui, les déclarations du suspect montrent que le Rassemblement national lui a fourni « une munition idéologique », et que c’est cette munition qui est sortie de son arme.

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