Faits Divers
Snapchat coupe court au procès et signe un accord sur l’addiction des jeunes
Snap a trouvé un accord à l’amiable avec deux jeunes femmes qui l’accusaient de concevoir son application pour créer une dépendance. Le montant reste…

Snap a trouvé un accord à l’amiable avec deux jeunes femmes qui l’accusaient de concevoir son application pour créer une dépendance. Le montant reste secret et l’entreprise ne reconnaît aucune faute.
Le deuxième grand procès test américain sur l’addiction des jeunes aux réseaux sociaux n’aura pas lieu. Snap, la maison mère de Snapchat, a signé un accord à l’amiable avec les deux plaignantes juste avant l’ouverture des débats à Los Angeles. Le montant n’a pas été rendu public. Pour l’entreprise, c’est une manière d’éviter un face-à-face avec un jury populaire, une première dans ce dossier.
Snap n’est pas la première entreprise à choisir cette sortie. TikTok a régulièrement réglé avant les débats, et Meta a aussi réglé avec les deux plaignantes. Cette stratégie évite d’exposer des documents internes et des dirigeants devant un jury. Evan Spiegel, le patron de Snap, devait justement témoigner à Los Angeles. TikTok a également accepté de verser au moins 100 millions de dollars à l’Alabama et d’imposer une limite quotidienne de deux heures aux mineurs pour éviter son premier procès public. Snap se dit satisfait d’un règlement à l’amiable et affirme vouloir renforcer la sécurité de ses utilisateurs, en rappelant que « la sécurité n’est jamais acquise ».
Le précédent du premier procès test reste dans les esprits. À Los Angeles, un jury a jugé Meta et YouTube négligents et accordé 6 millions de dollars à une jeune femme. Mark Zuckerberg et Adam Mosseri ont fait mauvaise impression à la barre. Meta a fait appel. Depuis, aucun jury ne s’est prononcé dans ces dossiers. L’entreprise a également trouvé un accord de plus de 18 milliards de dollars avec la quasi-totalité des États américains, avec de nouvelles limites pour les adolescents sur Instagram et Facebook. Une partie du paiement dépend de restrictions comparables chez TikTok, YouTube et Snap.
Les deux plaignantes, S.J., 16 ans, et K.D.B., 18 ans, viennent de l’Illinois et du Mississippi. Elles ont commencé à utiliser les réseaux sociaux à 13 et 15 ans. Elles reprochaient à Snapchat des mécanismes pensés pour retenir les jeunes, comme les Snapstreaks, ces séries de messages quotidiens à ne pas interrompre, ou les notifications. Elles décrivaient des dépressions, de l’anxiété, des troubles alimentaires et des automutilations. L’accord ne vaut pas reconnaissance de faute.
Ces poursuites américaines attaquent la conception des plateformes, pas leurs contenus, largement protégés par la loi. Plusieurs pays, dont l’Australie, encadrent ou interdisent déjà l’usage des réseaux sociaux. Aux États-Unis, les prochains procès test sont attendus en février 2027 devant la justice fédérale à Oakland, près de San Francisco, puis en mars 2027 à Los Angeles. Ils doivent servir de repères pour des milliers de plaintes regroupées devant des juges californiens.
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