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Goncourt 2026, quatre finalistes et un prix qui veut rester humain

Quatre écrivains restent en course pour le Goncourt 2026, avec des romans très différents et un lauréat promis à une large exposition. Le prix réfléchit…

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Goncourt 2026, quatre finalistes et un prix qui veut rester humain

Quatre écrivains restent en course pour le Goncourt 2026, avec des romans très différents et un lauréat promis à une large exposition. Le prix réfléchit aussi à inscrire noir sur blanc qu’il ne récompensera qu’une œuvre écrite par un humain.

Le Goncourt reste le prix littéraire le plus prestigieux du pays, et son rituel ne bouge pas. Le nom du livre primé est dévoilé dans l’escalier du restaurant Drouant, au centre de Paris, devant une foule de journalistes. Le lauréat arrive à pied, rejoint les membres du jury et partage avec eux un déjeuner dont le menu reste secret. Les neuf membres de l’Académie Goncourt ont cette fois gardé quatre romans, très différents dans leur sujet comme dans leur écriture. Il y a L’inconnue du Quai de Javel de Philippe Jaenada, La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois et De l’autre côté du lac de Sylvain Prudhomme.

La sélection a commencé quand les jurés ont reçu les romans de la rentrée littéraire, environ 400 ouvrages. Une vingtaine ont été retenus avant que la liste ne se resserre jusqu’à ces quatre noms. Philippe Jaenada, 62 ans, déjà couronné par le Femina en 2017, rappelle qu’un prix littéraire sert d’abord à faire exister un livre, à le vendre et à lui trouver des lecteurs. Selon lui, une récompense est une joie, mais son absence ne doit pas faire pleurer, car le prochain roman peut offrir une autre chance, ou pas. Pour un écrivain comme pour une maison d’édition, gagner le Goncourt garantit des centaines de milliers d’exemplaires. Le bandeau rouge Prix Goncourt attire l’attention des médias et des librairies à l’approche des fêtes.

Quel que soit le lauréat, le prix restera dans le giron de Madrigall, groupe qui possède Gallimard, Flammarion et Minuit. Gallimard publie Haenel et Mélois, Flammarion publie Jaenada, Minuit publie Prudhomme. Le lauréat succédera à Laurent Mauvignier, couronné en 2025 pour La maison vide, un roman de 750 pages vendu à près de 640 000 exemplaires. Le monde de l’édition traverse pourtant une année 2026 compliquée, avec des ventes en baisse, un pouvoir d’achat sous pression, des fermetures de librairies et un recul de la lecture face aux écrans.

La polémique autour de Thélyson Orélien pèse aussi sur le climat. Ce romancier canado-haïtien avait été salué pour C’était ça ou mourir avant d’être accusé d’avoir écrit son livre avec l’aide de l’intelligence artificielle. Présenté comme l’un des favoris, il a été retiré de la sélection du Goncourt et écarté des autres prix. L’Académie Goncourt réfléchit à modifier légèrement son règlement pour préciser que son prix ne peut couronner qu’un ouvrage écrit par un être humain. Des maisons d’édition, dont Gallimard, font désormais passer les manuscrits au détecteur d’IA avant publication.

Le Renaudot est annoncé en parallèle, le Femina suit. Le Médicis a distingué Philippe Vasset pour Dans les grandes lignes, chez Flammarion, un récit de traversée de la France le long des lignes à haute tension. Le Grand prix du roman de l’Académie française a récompensé Sébastien Lapaque pour Le rappel des oiseaux, et le prix Décembre a été attribué à Anne Godard pour Nous aussi.

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