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Des renforts jeunes médecins dans les territoires qui manquent de soignants

Deux mille sept cents généralistes en fin de formation font leurs premiers pas sur le terrain, avec l’espoir de faciliter l’accès aux soins. Leur stage…

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Des renforts jeunes médecins dans les territoires qui manquent de soignants

Deux mille sept cents généralistes en fin de formation font leurs premiers pas sur le terrain, avec l’espoir de faciliter l’accès aux soins. Leur stage d’un an suscite de l’attente, mais aussi des doutes sur son efficacité réelle.

Ils sont 2 700 généralistes à avoir soutenu leur thèse et à entamer malgré tout une année supplémentaire dans un cabinet, une maison de santé ou un centre de santé. La réforme adoptée en 2022 porte leur cursus à dix ans, contre neuf auparavant, comme pour les spécialistes. Pendant ce stage dit professionnalisant, ces docteurs juniors peuvent mener des consultations, prodiguer des soins et suivre des maladies chroniques. Ils restent toutefois sous la responsabilité d’un maître de stage. Leur déploiement doit améliorer l’accès aux soins et, à terme, favoriser les installations libérales là où les besoins sont les plus forts. Pour cela, 80 % d’entre eux ont été envoyés dans des zones prioritaires, complémentaires ou dans des quartiers classés politique de la ville. La carte dépend aussi des encadrants disponibles. On en compte 400 en Île-de-France, 241 en Occitanie ou encore 102 en Centre-Val de Loire, au cœur de la diagonale du vide médical.

Pour des praticiens débordés, cette arrivée ressemble à une bouffée d’air. À Valençay, dans l’Indre, Sylvaine Le Liboux est la dernière généraliste libérale de la commune. Elle se souvient de cinq confrères vingt ans plus tôt. Aujourd’hui, elle suit 2 000 patients, contre 1 100 en moyenne pour un généraliste en France, et accueille deux docteurs juniors. Elle y voit un grand espoir, celui de peut-être trouver un successeur au moment de sa retraite. Elle veut aussi leur montrer que la médecine générale à la campagne a changé. Avec des assistants médicaux, un travail coordonné avec les infirmières, les kinés, les pharmaciens et d’autres médecins du département, il est possible selon elle de préserver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Le dispositif ne convainc pas totalement. Sylvaine Le Liboux le juge mal ficelé. Les jeunes médecins sont salariés par les hôpitaux universitaires, ce qui ne leur donne pas les réflexes de l’exercice libéral, estime-t-elle. Les rémunérer comme des remplaçants, avec une rétrocession d’honoraires, aurait été plus formateur à ses yeux. Eleonore Indienna, porte-parole du syndicat des internes en médecine générale, l’Isnar-Img, pointe aussi un démarrage bâclé. Cette dixième année devait préparer aux sujets peu traités pendant les études, comme la gestion d’entreprise, la comptabilité ou le management. Le niveau d’autonomie et de responsabilités a été abordé très tard, et il variera selon les stages. Dans les déserts médicaux, le syndicat imagine un petit effet grâce à la découverte d’un territoire et d’un mode de fonctionnement, sans garantie que les jeunes resteront. Pour lui, cela ne va pas bouleverser l’accès aux soins.

Les chiffres rappellent l’ampleur du problème. Environ 100 000 généralistes exercent en France. Quelque 6,7 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant, soit 11 % de la population, et jusqu’à un quart dans certaines zones. Le collège national des généralistes enseignants recense 2 682 docteurs juniors ayant commencé leur stage, auxquels 600 doivent s’ajouter plus tard, une partie n’ayant pas pu soutenir sa thèse à temps. À Angoulême, Pierre-Alexandre Lecomte, déjà passé par deux stages dans une maison de santé pluriprofessionnelle, avoue avoir du mal à saisir ce que la réforme apporte de plus. Il découvrira l’exercice en prison un jour par semaine. Les informations étant arrivées tard, il s’est souvent rapproché de personnes qu’il connaissait déjà, alors qu’il aurait préféré s’installer directement au même endroit, avec une meilleure rémunération. À Derval, en Loire-Atlantique, Rémy Saunier se dit amer. Il traverse chaque jour des villes où des panneaux recherchent des médecins. Il était prêt à s’installer en zone prioritaire et à prendre de nouveaux patients. Finalement, il verra des patients qui ont déjà un médecin, ce qui lui semble sans intérêt.

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