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Une journée de grève pour les salaires, mais où les manifestants pourront-ils défiler

Près de 250 rassemblements sont annoncés jeudi partout en France à l’appel des syndicats, avec les salaires en ligne de mire. Dans une vingtaine de…

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Une journée de grève pour les salaires, mais où les manifestants pourront-ils défiler

Près de 250 rassemblements sont annoncés jeudi partout en France à l’appel des syndicats, avec les salaires en ligne de mire. Dans une vingtaine de départements, l’organisation des cortèges vire pourtant au bras de fer avec les autorités.

Nouvelle étape d’un automne social déjà bien rempli. Jeudi, les organisations syndicales appellent les salariés du privé comme du public, mais aussi les retraités, à cesser le travail et à descendre dans la rue pour parler rémunérations. Les jeunes s’invitent dans le mouvement, lycéens et étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines. Quelque 244 manifestations étaient recensées à ce stade.

Reste un point qui crispe tout le monde, le tracé des défilés. Dans une vingtaine de départements, les organisateurs se heurtent encore à des refus de défiler en centre-ville, comme lors des rassemblements contre la vie chère et des mobilisations de jeunes, dans la foulée des violences et des pillages du 17 octobre dans plusieurs agglomérations. À Paris, la préfecture de police n’a pas encore répondu. Les syndicats réclament un parcours entre la Bastille et la Concorde, et la justice doit se prononcer mercredi.

Marylise Léon, à la tête de la CFDT, décrit des discussions interminables sur le lieu de départ, qui compliquent le travail de sécurisation des cortèges. Sophie Binet, sa consœur de la CGT, parle d’un mur. Aucune négociation sérieuse avec la préfecture parisienne depuis quinze jours selon elle, juste un refus du centre-ville qu’elle juge honteux.

Les conséquences de la journée se dessinent déjà. La SNCF anticipe un trafic perturbé sur la plupart de ses lignes régionales et franciliennes, et plus léger sur les TGV. Du côté de l’Éducation nationale, on table sur environ 17% de grévistes dans le primaire.

Cette mobilisation arrive après trois samedis de manif contre la vie chère, menés avec les codes des gilets jaunes. Ces derniers, très impliqués dans l’organisation depuis le 17 octobre, participeront à la grève et aux blocages, avec l’intention de tenir jusqu’à samedi, l’« Acte IV » annoncé. Les lycéens et étudiants grossiront les cortèges au lendemain d’une journée de blocages et d’une manifestation sauvage à Paris. Signe de la dynamique, toutes les grandes organisations de salariés reprennent la main, y compris la CFE-CGC, d’abord plus réservée.

En face, l’exécutif met en avant ses premières réponses. La baisse du gazole est engagée dans 6 000 des 10 000 stations-service, grâce au déblocage de stocks stratégiques. Un geste sur le Smic est laissé entendre. Le ministre du Travail espère des mesures capables de relancer la dynamique salariale autour du 5 novembre, en citant le Smic et les négociations dans les branches et les entreprises.

Les revendications, elles, se concentrent sur le pouvoir d’achat, sur fond d’inflation à 3,4%. La CGT réclame 10% de hausse du Smic, la CFDT 100 euros net, malgré sa réticence habituelle à tasser l’échelle des salaires. Le gel du point d’indice des fonctionnaires et le maintien d’aides aux entreprises dans des branches dont les minima restent sous le Smic alimentent aussi la colère. Dominique Corona, de l’Unsa, épingle encore le gel des APL et le délai de carence pour les allocations versées aux étrangers non européens, deux mesures inscrites dans les projets de budget. Il s’attend toutefois à un taux de grévistes inférieur au taux de mécontentement.

Certains veulent d’ailleurs aller plus loin que jeudi. Solidaires appelle à reconduire le mouvement, tout comme la coordination des gilets jaunes, qui poursuivra vendredi et donne rendez-vous samedi place de la Concorde. Benjamin Ball, l’un de ses membres, prévient que le rassemblement aura lieu même en cas d’interdiction, avec un appel à désobéir massivement.

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