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Palestine Action joue son avenir devant la plus haute cour du Royaume-Uni

Huda Ammori, cofondatrice du mouvement propalestinien, conteste mercredi l’interdiction prononcée par Londres. Avant même l’ouverture de l’audience, une…

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Palestine Action joue son avenir devant la plus haute cour du Royaume-Uni

Huda Ammori, cofondatrice du mouvement propalestinien, conteste mercredi l’interdiction prononcée par Londres. Avant même l’ouverture de l’audience, une vingtaine de soutiens ont été embarqués par la police devant les grilles du tribunal.

Ils se sont assis sur le pavé, pancartes à bout de bras. Mercredi matin, les abords de la Cour suprême britannique, à Londres, se sont remplis de partisans de Palestine Action venus accompagner le recours de Huda Ammori. La cofondatrice du groupe y attaque la décision qui l’a fait basculer dans l’illégalité en juillet 2025. Les forces de l’ordre n’ont guère attendu. Une vingtaine de personnes ont été conduites dans des fourgons, ce qui porte à 4.200 le total des interpellations liées à ce dossier depuis la proscription, d’après le collectif Our Juries, à l’origine de ces rassemblements.

Depuis l’été dernier, afficher son soutien au mouvement suffit à tomber sous le coup de la loi. Le gouvernement l’a rangé dans la catégorie terroriste, aux côtés d’Al-Qaïda ou du Hezbollah. Les sanctions grimpent vite. Six mois de prison au maximum pour une simple expression de sympathie, jusqu’à quatorze ans pour l’adhésion au groupe ou l’organisation d’une réunion de soutien. La mesure n’est pas tombée de nulle part. Elle fait suite à une série d’opérations coups de poing, dont des dégradations sur une base de la Royal Air Force en juin, une action contre le fabricant d’armes israélien Elbit Systems en août 2024, et l’incursion de mars 2025 sur le golf écossais de Donald Trump, où des militants ont tracé sur le gazon le slogan « GAZA IS NOT 4 SALE ».

Devant les juges, l’avocat Raza Husain a contesté la solidité du dossier. Le ministère de l’Intérieur, plaide-t-il, n’a retenu que trois actions répondant à la définition du terrorisme, sur les 385 menées depuis la création du mouvement en 2020. Du jamais-vu selon lui, Palestine Action étant la première organisation proscrite au Royaume-Uni pour de seuls « dommages matériels ». Il a aussi rappelé que le groupe n’a jamais prôné la violence contre les personnes, le situant dans la lignée des suffragettes et des mouvements antimilitaristes britanniques, qui n’ont jamais été qualifiés de terroristes ni interdits.

Le parcours judiciaire du dossier ressemble à un balancier. En février, la Haute Cour de Londres avait donné raison aux opposants en jugeant la proscription « disproportionnée », au motif qu’elle portait une atteinte très lourde à la liberté d’expression et à la liberté de réunion. Quatre mois plus tard, la cour d’appel a renversé la vapeur et validé l’interdiction, estimant que le groupe encourage une violence illégale proche du terrorisme. Deux organisations, le Community Security Trust et le Jewish Leadership Council, se sont jointes à la procédure pour défendre la mesure, soutenant dans leurs écritures que la communauté juive est « particulièrement vulnérable » aux activités du mouvement.

Né en 2020, Palestine Action se décrit comme un « mouvement d’action directe » déterminé à tarir le soutien international à ce qu’il nomme le « régime génocidaire et d’apartheid » israélien. Sa notoriété a bondi après le 7 octobre 2023 et le déclenchement de la guerre à Gaza. Huda Ammori n’a été autorisée à plaider qu’un seul angle, celui d’un vice de procédure, le ministère de l’Intérieur n’ayant pas respecté ses propres critères d’évaluation au moment d’interdire le groupe. Elle a déjà prévenu qu’elle irait devant la Cour européenne des droits de l’homme si nécessaire. L’audience s’achève jeudi et la décision sera rendue plus tard.

Les retombées dépassent largement le prétoire. Samedi dernier, plus de 300 personnes ont encore été arrêtées à Londres pour avoir brandi la pancarte interdite « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Des retraités, un prêtre et la militante suédoise Greta Thunberg figurent parmi les interpellés. L’onde de choc atteint même les rayons des librairies. Les livres de Sally Rooney, qui avait annoncé en août 2025 vouloir reverser une part de ses droits d’auteur au groupe, ne sont plus distribués au Royaume-Uni depuis octobre, son éditeur Faber expliquant ne plus pouvoir lui verser les revenus générés.

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