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Deux figures de la dissidence cubaine arrêtées puis relâchées le même jour

La journaliste Yoani Sanchez et la dirigeante des Dames en blanc Berta Soler ont retrouvé la liberté après plusieurs heures de détention à La Havane.…

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Deux figures de la dissidence cubaine arrêtées puis relâchées le même jour

La journaliste Yoani Sanchez et la dirigeante des Dames en blanc Berta Soler ont retrouvé la liberté après plusieurs heures de détention à La Havane. Toutes deux ont été interpellées à quelques heures d’intervalle, un rappel que la pression sur les voix critiques ne faiblit pas sur l’île.

Elle était sortie faire des courses dans le quartier de Nuevo Vedado. Yoani Sanchez n’est jamais arrivée à destination. La journaliste a été interpellée alors qu’elle quittait son domicile, avant d’être relâchée quelques heures plus tard. Les autorités lui reprochent une « atteinte à l’ordre constitutionnel », une qualification assez large à Cuba pour englober des actes jugés contraires au système politique communiste. Rentrée chez elle, elle a remercié sur le réseau social X celles et ceux qui ont relayé l’information, convaincue que cette solidarité avait fait sauter « les verrous » et ouvert « les barreaux ».

Le même jour, Berta Soler a connu un sort identique. À 63 ans, la dirigeante du mouvement des Dames en blanc a été arrêtée « en pleine rue » en compagnie d’une autre membre du collectif, Maria Cristina Labrada, alors qu’elles quittaient le domicile de l’une d’elles. C’est Angel Moya, mari de Berta Soler et lui-même opposant au gouvernement, qui a fait savoir que les deux femmes avaient recouvré la liberté après plusieurs heures passées dans deux unités de police distinctes.

Les Dames en blanc ne sont pas un groupe apparu au hasard. Le mouvement est né des mères et des épouses d’opposants arrêtés en 2003, sous la présidence de Fidel Castro. Leurs tenues blanches, portées lors de protestations pacifiques, sont devenues un symbole, et le Parlement européen leur a décerné le prix Sakharov en 2005. Berta Soler, elle, vit avec la répression au quotidien. Les interpellations se succèdent, de quelques heures à plusieurs jours, et les autorités l’empêchent régulièrement de franchir la porte de son logement.

À 51 ans, Yoani Sanchez n’est pas non plus une inconnue. Son travail a été distingué en 2008 par le prix Ortega y Gasset, l’une des récompenses les plus prestigieuses du journalisme en langue espagnole, et le magazine américain Time l’a classée la même année parmi les cent personnalités les plus influentes de la planète. Le journal en ligne qu’elle a fondé et qu’elle dirige n’épargne pas la gestion gouvernementale et documente sans relâche la censure et le harcèlement subis par les opposants.

Cette double arrestation rappelle le cadre bien verrouillé dans lequel travaillent les voix indépendantes. Une loi votée en 2023 réserve la parole médiatique aux organes d’État, contrôlés par le parti communiste. Les rédactions indépendantes survivent malgré tout en ligne, dans un vide juridique, et les Cubains doivent passer par un réseau privé virtuel pour les lire. Ces dernières semaines, plusieurs collaborateurs de médias d’opposition ont été arrêtés dans la rue puis relâchés contre une amende ou un avertissement, selon le journal dirigé par Yoani Sanchez. Reporters sans frontières avait de son côté exigé la libération immédiate de la journaliste, des garanties pour sa sécurité et la fin de la persécution contre le journalisme indépendant.

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