Économie
Un scrutin américain fait vaciller la grande course à l’intelligence artificielle
Les marchés mondiaux ont brutalement réévalué les paris sur l’intelligence artificielle après la large victoire démocrate aux élections de mi-mandat. Les…

Les marchés mondiaux ont brutalement réévalué les paris sur l’intelligence artificielle après la large victoire démocrate aux élections de mi-mandat. Les investisseurs redoutent un coup d’arrêt à la construction de centres de données aux États-Unis, avec des conséquences déjà visibles sur les puces et les géants technologiques.
La déroute a frappé de plein fouet les valeurs liées à l’intelligence artificielle. À New York, le Nasdaq a perdu 5,52 %, une chute d’une ampleur rare. L’indice est entré en correction, avec plus de 10 % abandonnés par rapport à son sommet récent. Le S&P 500 a reculé de 4,35 % et le Dow Jones de 3,44 %, effaçant les gains accumulés peu avant.
Le déclencheur est politique. La victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat fait craindre un ralentissement de la construction de centres de données aux États-Unis. Plusieurs nouveaux élus démocrates ont fait campagne pour freiner ces projets dans leurs circonscriptions. Des dizaines de villes américaines ont adopté des restrictions ou des interdictions visant les data centers. Donald Trump a imputé la responsabilité aux démocrates, et non aux républicains. Le marché y voit un frein au développement de l’IA, alors que les investissements massifs des géants de la tech dans ces infrastructures comptent parmi les principaux moteurs de la Bourse et de la croissance américaine.
Les fabricants de semi-conducteurs et de puces trinquent en premier, car ces composants équipent les centres de données. Broadcom a chuté de 10,15 %, Micron de 17,17 % et AMD de 17,39 %. Nvidia, deuxième capitalisation mondiale, a perdu 8,91 %, soit environ 400 milliards de dollars. Les Sept Magnifiques, surnom des poids lourds américains de la tech, ont lâché près de 800 milliards de dollars, davantage que le PIB de la Suède. En Europe, Infineon a cédé 8,63 % à Francfort, ASML 6,55 % à Amsterdam et STMicroelectronics 9,33 % à Paris.
En Europe, le poids de la tech est plus faible, donc les indices ont reculé de façon plus contenue. Francfort et Londres ont perdu 0,43 %, Milan 1,03 %, tandis que Paris a gagné 0,34 %. Les investisseurs se sont tournés vers des secteurs défensifs. Les pharmaceutiques européennes ont progressé, avec Bayer en hausse de 3,76 %, AstraZeneca de 0,60 % et Sanofi de 0,51 %. La dette américaine a aussi joué son rôle de valeur refuge. Les obligations étant considérées comme sûres, les taux à dix ans ont reculé, puisqu’ils évoluent en sens inverse des prix. Le rendement américain est descendu à 4,84 %, contre 4,89 % auparavant, et son équivalent allemand à 3,24 %, contre 3,27 %.
Le pétrole a pris le chemin inverse. Faute d’avancée concrète vers un accord au Moyen-Orient, le Brent de la mer du Nord a gagné 3,88 % à 98,29 dollars et le baril de West Texas Intermediate 2,72 % à 90,52 dollars. Le pétrole avait reculé après la victoire démocrate, qui met Donald Trump sous pression pour trouver un accord avec Téhéran. Rheinmetall a subi une lourde chute à la Bourse de Francfort. Le géant de l’armement a abaissé ses prévisions annuelles pour la deuxième fois, après le report d’un méga-contrat avec l’armée allemande. Son action s’est effondrée de 16,19 %, à 841,10 euros.
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