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Bruxelles exige de TikTok une refonte en profondeur de son algorithme

La Commission européenne demande au réseau social de revoir ses flux de vidéos personnalisés, jugés nocifs pour la santé mentale. TikTok risque une amende…

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Bruxelles exige de TikTok une refonte en profondeur de son algorithme

La Commission européenne demande au réseau social de revoir ses flux de vidéos personnalisés, jugés nocifs pour la santé mentale. TikTok risque une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial.

À Bruxelles, la patience a ses limites. L’exécutif européen a formellement enjoint TikTok de transformer en profondeur la façon dont son application recommande des vidéos. En ligne de mire, la section « pour toi », ce défilement continu de contenus calibrés pour retenir l’attention. Bruxelles estime que ce mécanisme peut enfreindre des dispositions centrales du règlement sur les services numériques, le DSA. La filiale du groupe chinois ByteDance s’expose à une sanction financière pouvant grimper jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial.

Le cœur du problème tient à l’algorithme lui-même. Il propose encore et encore des vidéos qui ont suscité l’intérêt d’un utilisateur. Quand ces contenus tournent autour de la tristesse, de la solitude ou de l’estime de soi, le visionnage répété peut enfermer la personne dans une spirale difficile à quitter. Ce phénomène, surnommé « rabbit holes », inquiète particulièrement Bruxelles pour les adultes vulnérables et les mineurs. TikTok a déjà modifié ses flux, mais l’UE juge ces ajustements insuffisants. Elle réclame notamment que les préférences des internautes soient réellement respectées. Aujourd’hui, un signalement d’un contenu jugé indésirable peut être ignoré par l’algorithme, au profit du temps passé sur la plateforme.

Cette procédure découle d’une enquête ouverte en 2024 et pourrait déboucher sur une amende lourde. La pression ne date pas d’hier. Ces derniers mois, l’UE a déjà reproché à TikTok de mal protéger les mineurs, avec des risques de harcèlement en ligne et d’exposition à des prédateurs. Plus tôt dans l’année, Bruxelles avait aussi demandé le retrait de plusieurs fonctionnalités jugées trop addictives. « À chaque fois qu’un utilisateur fait défiler ou aime une vidéo sur TikTok, l’algorithme lui en propose davantage, l’entraînant dans des spirales dont il lui est difficile de s’extraire », a résumé Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique. Pour elle, ces injonctions montrent que la plateforme doit redoubler d’efforts pour préserver le bien-être de ses utilisateurs, mineurs compris.

Au-delà de TikTok, c’est tout l’écosystème des réseaux sociaux que l’Europe veut encadrer. Un projet de loi, le Kids Act, prévoit d’interdire l’accès à ces plateformes aux moins de 13 ans, au nom des risques pour leur développement. Aux États-Unis, un vaste contentieux oppose les géants du secteur à des milliers de familles, de districts scolaires et à la quasi-totalité des États, qui les accusent de nuire à la santé mentale des jeunes. TikTok a pour l’instant échappé au premier procès intenté outre-Atlantique, au prix d’une série d’engagements et d’un paiement qui pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars.

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